De la pause-café à la culture des champignons : ils transforment nos déchets en ressource alimentaire

Challeng'Ynn Economie circulaire
Madame Irma et son marc de café n’ont qu’à bien se tenir ! A défaut de prédire l’avenir, ce qu’il reste de notre expresso peut aussi trouver une seconde vie dans nos assiettes. Partant de ce principe, Arnaud Ulrich, Grégory Bleu et Cédric Peuchard ont fondé, en 2014, La Boite à Champignons, une entreprise pas comme les autres qui cultive jusqu’au bout les vertus de l’économie circulaire et solidaire pour le plus grand bonheur des grandes tables de restaurants, des cultivateurs en herbe ou des maraîchers !

« La Boite à Champignons, c’est un concept d’économie circulaire dans lequel on prend un déchet généré par la ville,  à savoir du marc de café, que l’on transforme pour cultiver des champignons, puis que l’on réutilise ensuite comme substrat pour enrichir les sols de la ville », souligne Arnaud Ulrich.
Deux ans de recherches ont été nécessaires pour adapter et industrialiser en Île-de-France cette méthode de culture ancestrale très répandue au sud de la planète.

5  tonnes de marc de café collectées chaque semaine

L’entreprise récupère la matière première – plus de 5  tonnes de marc de café chaque semaine en moyenne - principalement auprès des sociétés gérant des distributeurs de café ou des restaurateurs, pour la transformer en substrat qui, mélangé à de la poudre de mycélium,  servira à cultiver des pleurotes Monté Cristo. Une variété très prisée destinée aux grands restaurants parisiens. Ce qu’il reste du précieux terreau après récolte est ensuite confié aux maraîchers pour fertiliser leurs cultures. Une façon comme une autre de boucler la boucle.

Quand les champignons sortent de leur boîte

« Nous souhaitions également diffuser plus largement cette manière de produire en l’adaptant en fonction des différents publics.  La Boîte à Champignons propose ainsi pour les particuliers des kits prêts à l’emploi ou à monter soit même à partir de ses propres déchets de café ». L’entreprise organise aussi régulièrement des ateliers dans les entreprises ou pour initier les restaurateurs à la culture des pleurotes à partir de cette méthode. « Nous avons également créé un kit pédagogique pour les écoles qui permet aux enseignants de faire découvrir de manière ludique et pratique le fonctionnement d’une économie circulaire ».

Et le succès est au rendez-vous. En 2016 l'entreprise a vendu 50 000 kits de culture contre 3 000 en 2014 !

« Notre ambition, c’est de dupliquer notre modèle et de permettre à d’autres de faire la même chose ailleurs. L’idée, ce n’est pas de prendre du marc de café à Paris pour l’envoyer à Marseille mais de pouvoir recycler localement ! », précise Arnaud Ulrich.

La Boîte à Champignons a reçu le prix du jury lors de la dernière édition de Challeng’Ynn et s’est vu offrir en prime une mission d’accompagnement et de promotion d’une valeur de 10 000  €. Organisé par la CCI Versailles-Yvelines, dans le cadre du dispositif Open Ynnov, ce concours était entièrement dédié cette année à la valorisation de jeunes start-up  innovantes, orientées vers l’économie circulaire. «  Participer à ce type de concours nous permet de  mieux nous faire connaitre. On est obligé de prendre du recul par rapport à son activité, de l’expliquer, de voir comment elle est comprise et, à partir de là, de progresser sur notre manière de transmettre notre idée, ou de présenter notre entreprise.  L’enthousiasme du public pour notre démarche vient nous rappeler à quel point nous sommes une entreprise pas comme les autres ».

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Le 26/01/2017