La CCI Paris Ile-de-France alerte sur les besoins en foncier des entreprises industrielles franciliennes

Les entreprises industrielles franciliennes ne trouvent plus suffisamment de foncier adapté à leurs besoins. Alors qu’elles doivent s’implanter en zone urbaine pour accéder aux marchés, à la main d’œuvre qualifiée et à leurs clients, fournisseurs et partenaires, elles sont de plus en plus reléguées loin des emplacements les plus propices au développement de leur activité, en particulier ceux situés à proximité des futures gares du Grand Paris Express ou à proximité des gares existantes.

La CCI Paris Ile-de-France avait déjà appelé à favoriser davantage le développement des activités mixtes à proximité des gares du GPE1. Elle lance aujourd’hui un avertissement sur les besoins spécifiques des activités industrielles.

Le foncier disponible pour l’industrie en zone urbaine se réduit au profit des logements, des bureaux et des équipements publics. La CCI Paris Ile-de-France, à la suite d’une enquête auprès de 4 500 entreprises2  et d’une série d’entretiens, confirme que les entreprises industrielles ont maintenant un même besoin de proximité avec les gares que les autres entreprises, notamment tertiaires : près de 60% des industriels interrogés déclarent qu’il est aujourd’hui important d’être implanté à proximité d’une gare de voyageurs. Cela est devenu un enjeu clé pour attirer et retenir les salariés les plus qualifiés.

Pour appuyer les collectivités dans l’élaboration de leurs stratégies d’aménagement3, la CCI Paris Ile-de-France a évalué pour la région-capitale et à horizon 2030, les besoins en foncier des entreprises de la sphère industrielle entre 1,5 et 1,9 million de mètres-carrés par an (de 240 à 300 ha par an), soit un volume annuel légèrement supérieur à celui observé au début des années 2000. Cela inclut, d’une part les besoins nouveaux liés au développement des activités, d’autre part le renouvellement des locaux obsolescents.

« L’industrie a changé. De même qu’il existe une stratégie pour le logement avec des objectifs précis au niveau des territoires, il est impératif de mettre en œuvre une vraie stratégie en matière de foncier économique, afin d’être en mesure de mobiliser l’espace nécessaire aux bons endroits ! Le Grand Paris ne se fera pas sans l’industrie » souligne Didier Kling, président de la CCI Paris Ile-de-France.

Aujourd’hui, si les industries doivent être insérées dans le tissu urbain, la ville a également davantage besoin des activités industrielles pour fonctionner (production d’énergie, collecte des déchets, logistique…). La plupart de ces activités peuvent désormais tout à fait s’intégrer en milieu urbain. Les politiques d’aménagement doivent permettre de mieux prendre en compte ces évolutions. 

Pour y parvenir, la Chambre identifie trois domaines d’action* :

- mobiliser le foncier en faveur de l’activité productive à l’échelle régionale, notamment en intégrant pleinement l’activité dans les Schémas de Cohérence Territoriale (SCOT) en Ile-de-France en vue de sanctuariser et rénover les Zone d'Activités Economiques (ZAE), en particulier en zone dense et à proximité des gares,

- construire un partenariat gagnant-gagnant entre les entreprises et les territoires en étendant le «permis de faire4 » à l’immobilier logistique et d’activité et en assurant une forme d’intéressement aux collectivités qui accueillent de l’activité,

- prendre réellement en compte les besoins des PME en intégrant davantage les attentes de celles qui sont concernées par une opération d’aménagement.

*Consulter l’intégralité du rapport

1 CCI Paris Ile-de-France. 2015. Grand Paris : comment maintenir un tissu économique diversifié en zone dense ? Leviers fonciers et immobiliers pour le développement économique

2 42ème enquête de conjoncture réalisée par Médiamétrie ente le 4 et le 22 septembre 2017 auprès de 4 500 entreprises

3 En particulier l’élaboration d’un Schéma de cohérence territoriale (ScOT) à l’échelle du territoire de la Métropole du Grand Paris, actuellement en phase de de lancement, qui doit être finalisé mi-2019. 

4 La loi sur le patrimoine du 7 juillet 2016 (art. 88) a instauré pour une durée de 7 ans une expérimentation qui permet à l’Etat, aux collectivités territoriales ou à leurs groupements et aux organismes de logements sociaux de déroger pour la réalisation de tels logements et d’équipements publics aux règles de construction dès lors que les objectifs qu’elles visent sont atteints dans certains domaines : gabarits, volumes, isolation, accès extérieurs ... Ce système ne s’applique pour l’instant qu’au logement social, aux équipements publics et aux opérations portées dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt « permis d’innover » lancé le 6 décembre dernier par Grand Paris Aménagement pour l’Ile-de-France.

 

 

Le 22/01/2018
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