La CCI Paris Ile-de-France contrainte de supprimer des centaines de postes

L’Assemblée générale des élus de la CCI Paris Ile-de-France, réunie ce jour, a adopté la mise en œuvre de mesures de restructuration d’ampleur pour faire face aux coupes budgétaires drastiques décidées par l’Etat, qui représentent près de 300 M€ de ressources en moins depuis 2013.

La CCI Paris Ile-de-France est un établissement public de l’Etat qui réalise des missions d’accompagnement des entreprises et qui forme des jeunes et des adultes dans ses 24 écoles et Centre de formation des apprentis (CFA). Elle subit depuis trois ans une baisse brutale de ses ressources fiscales (taxe pour frais de chambre) mise en œuvre par l’Etat sans concertation préalable ni étude d’impact - dans des proportions qui vont très au-delà des efforts qu’il s’impose ou qu’il exige des collectivités locales et de ses opérateurs. Elles se traduisent, au total, depuis 2013, par une diminution de 293 M€, dont 153 M€ de prélèvement sur son fonds de roulement.

Ces mesures ne contribuent en rien à la diminution du déficit public de la France car la Chambre ne perçoit rien du budget de l’Etat. Elles ont en revanche un impact sur la fiscalité versée à la CCI par les entreprises pour l’accomplissement de ses activités de services publics et ses prestations au profit des entreprises et au profit des jeunes et des salariés dans ses établissements d’enseignement.
Elles dégradent donc les services opérationnels rendus par la Chambre, qui forme chaque année 60 000 personnes - dont 30 000 jeunes, la moitié d’entre eux en apprentissage.

Pour faire face à cette situation, la CCI Paris Ile-de-France avait déjà fortement réduit ses dépenses de fonctionnement, ralenti ses investissements, notamment dans ses écoles, et lancé en 2015 un plan de départs volontaires qui a touché près de 700 collaborateurs, soit 15 % de ses effectifs. L’Etat ayant décidé d’amplifier la baisse de ses ressources fiscales en 2016, au-delà de ce qu’il avait annoncé, la CCI Paris Ile-de-France est, désormais, dans l’obligation de restructurer davantage son organisation.

Elle doit ainsi procéder, sur la base des mesures budgétaires connues à ce jour, à la suppression de plus de 300 postes et, dans le cadre d’un processus de reclassement, à des licenciements.

Cette réorganisation fera l’objet d’un accompagnement social renforcé et d’un suivi des collaborateurs, dans le cadre d’un dialogue social régulier avec les représentants du personnel.

Plusieurs activités seront, dans ce contexte, arrêtées ou revues. Il en va ainsi par exemple de la fermeture du centre d’orientation scolaire de la Chambre (Bureau d’information et d’orientation professionnelle, BIOP), de la réorganisation de sites comme le Centre des formations industrielles (CFI) à Paris Gambetta ou de la contrainte de céder une école (l’Institut de Formation des apprentis Chauvin dans le Val-d’Oise) faute de pouvoir y effectuer les travaux de maintenance nécessaires. La baisse des ressources conduit à revoir et à ajuster les services opérationnels de la Chambre tant pour la formation que pour l'accompagnement des entreprises. De façon générale, l’ensemble des activités sera impacté.

« Après avoir alerté à plusieurs reprises les pouvoirs publics sur les conséquences de ces coupes budgétaires brutales et répétées, nous sommes aujourd’hui contraints de procéder à une restructuration d’ampleur, alors même que jamais le développement de l’entrepreneuriat, l’exigence d’une formation de qualité et la bataille pour le développement économique et l’emploi n’ont été aussi cruciaux ! » a souligné le président de la CCI Paris Ile-de-France, Jean-Paul Vermès, qui a conclu : « Il est impératif que la Chambre dispose d’une visibilité suffisante sur l’évolution de ses ressources et d’une stabilité de celles-ci pour assurer la pérennité de ses missions : toute nouvelle baisse des moyens qui serait envisagée par l’Etat en 2017 nous obligerait à fermer des établissements d’enseignement et à continuer de supprimer des emplois ».

Le 07/04/2016
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