Plan anti-pollution de la Ville de Paris : pour une appréciation rigoureuse des conséquences économiques et un calendrier supportable

La CCI Paris Ile-de-France prend acte des principales mesures annoncées par la Maire de Paris dans son plan de lutte contre la pollution de l’air liée au trafic routier. L'application de ce dernier, qui doit être débattu en Conseil de Paris le 9 février prochain, concerne également l'Etat auquel il appartient de se prononcer.

Cette initiative ambitieuse ne peut réussir que dans le cadre d’une démarche d'adhésion collective qui exige une préparation en amont associant tous les acteurs concernés, y compris financiers. « La concertation entre la municipalité et les professionnels qui a abouti à la signature, notamment par la CCI départementale de Paris, de la charte en faveur d’une logistique urbaine durable, doit se poursuivre sur les conditions de mise en œuvre de cette nouvelle initiative municipale » déclare Pierre-Antoine Gailly, président de la CCI de région Paris Ile-de-France.

Mieux évaluer l’impact des dispositifs proposés

La CCI de région Paris Ile-de-France souligne que de nombreuses interrogations subsistent sur la mise en œuvre de ce plan et sur les impacts sur l’activité économique régionale.

Alors que le contexte économique reste difficile, il est important de ne pas fragiliser davantage les entreprises franciliennes. Une évaluation préalable des investissements à engager est indispensable pour juger de la pertinence du calendrier et des mesures d’accompagnement proposées. « Les professionnels ont besoin de délais réalistes, bien anticipés et sécurisés pour adapter leur outil de travail » rappelle Philippe Solignac, président de la CCI départementale de Paris. Une attention particulière doit être portée à l’impact sur les PME/TPE, les artisans/commerçants  et sur les professions qui dépendent de la route pour exercer leur activité.

Mieux prendre en compte les contraintes économiques

La CCI de région Paris Ile-de-France poursuivra son implication avec les professionnels pour discuter avec la Ville des aménagements nécessaires et des modalités d’accompagnement. « La classification proposée pour les véhicules doit être basée, non sur un type de motorisation, mais sur des niveaux d'émission fixés par les normes européennes Euro » insiste Pierre-Antoine Gailly.

L’efficacité des actions engagées nécessite une prise en compte des contraintes économiques et une clarification préalable du cadre réglementaire en cours d’élaboration. Les modalités de contrôle des véhicules selon leur niveau de pollution et les aides au renouvellement des flottes doivent être notamment précisées. Parmi ces mesures, l’instauration d’un amortissement dérogatoire devrait être envisagée.

Promouvoir une approche métropolitaine

Enfin, l’échelle géographique d’application de ce plan doit être repensée. Une approche métropolitaine est nécessaire. « La possible instauration par chaque commune du Grand Paris de règles différentes pour restreindre la circulation des véhicules sur leur territoire crée pour les entreprises un problème d’organisation et une difficulté à répondre aux contraintes imposées. Une harmonisation des règles à l’échelle de la région est indispensable » affirme Pierre-Antoine Gailly.

Le 02/02/2015
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