Le 16 juillet 2020

Construction et urbanisme : Quelle stratégie pour les villes de demain

Huit semaines de confinement et de slogan "restez chez vous" ont profondément interrogé notre vision de l’urbanisation et de la vie en collectivité. C’est particulièrement vrai dans les villes où densité de population rime souvent avec promiscuité. Le gouvernement l’a bien compris en confiant à Philippe Pelletier, président du Plan Bâtiment durable et Franck Hovorka, président de RICS, la mission de proposer une nouvelle approche urbanistique et sociétale, soucieuse de l’environnement, propre à relancer le secteur du bâtiment et de l’immobilier. La CCI Paris Ile-de-France a naturellement pris part aux débats.

 

Relancer durablement l’aménagement et l’immobilier par des mesures immédiates
Il est temps de partager équitablement le coût des protocoles sanitaires entre maîtres d’ouvrage et entrepreneurs dans la commande publique. Le guide d’avril 2020 qui avait conditionné la reprise des chantiers est muet sur ce point. Des textes réglementaires ont suivi mais soit sur le mode incitatif, soit en ne visant que les marchés d’État. Une approche négociée et actée dans tous les contrats publics des critères de répartition est nécessaire. 
La relance passera également par l’accélération de la dématérialisation des autorisations de construire. Un plan d’aide massif à l’équipement des communes doit être mis en place, doublé de l’impossibilité pour les services instructeurs de refuser d’instruire un dossier dématérialisé. De même la pérennisation de la dématérialisation des actes notariés permettra l’accélération des transactions. 
Trop de freins administratifs pénalisent encore les aménageurs et constructeurs. Les insécurités juridiques sont nombreuses : réduire les délais de retrait des autorisations d’urbanisme est une des pistes à explorer sans tarder. 

Relever les défis des transformations urbaines par le renouvellement du tissu existant et la mixité des activités
L’aménagement urbain de demain sera partenarial ou ne sera pas. La démarche d’un aménagement négocié et contractualisé a été affirmée par la loi ELAN de 2018. Il faut aller plus loin. Par exemple en incitant les collectivités territoriales à recourir à des "appels à idée" ou des appels à manifestation d’intérêt. 
Un important défi post-Covid-19 est également celui de la mixité des usages. La crise sanitaire a changé la donne (besoin de plus d’espace dans les habitations, hausse du télétravail, ralentissement du nombre de projets exclusivement tertiaires…). L’immeuble doit désormais avoir un cycle de vie évolutif : logement puis bureau puis commerce etc. Pour cela levons les contraintes aux changements d’utilisation, favorisons la transformation des bureaux en logements, confortons la production de logements intermédiaires et traitons les friches commerciales. 
Le développement économique doit plus que jamais s’ancrer dans l’objectif constant de mixité des fonctions urbaines et de sobriété foncière. Les choix se porteront inéluctablement vers la rénovation et la réhabilitation. Au foncier productif et commercial de tenir compte de ces exigences. 

 

Pour en savoir plus :

Lettre de mission à MM. Pelletier et Hovorka

Contact