Les cinémas d’Ile-de-France espèrent le retour du grand public

221
octobre 2020
Une publication
du Crocis

Ce document est la synthèse de l’étude « Les cinémas franciliens dans l’attente d’une reprise incertaine », parue dans la collection Cahiers du Crocis en juillet 2020

Le secteur francilien de l’exploitation cinématographique, extrêmement hétérogène, où le mono-écran de quartier côtoie le complexe de 16 salles, a vu ces dernières années son parc largement évoluer et les multiplexes redessiner le paysage. Alors que les usages de consommation du cinéma évoluent fortement et à l’heure où les salles de cinéma franciliennes doivent affronter une reprise incertaine après un arrêt historique de l’activité, où en est le secteur de l’exploitation ?

Une région qui aime le cinéma

L’Ile-de-France est de loin la région la mieux équipée en cinémas puisqu’elle concentre 15 % des établissements et 19 % des écrans français.   Alors que  Paris ne représente que 18 % de la population régionale, elle concentre, avec 85 établissements et 417 écrans actifs, 27 % des établissements de la région, 36 % des écrans et 33 % des fauteuils.

Un secteur très concurrentiel

La concurrence s’intensifie entre les circuits dans la région. Les spectateurs sont de plus en plus sollicités par d’autres loisirs, au premier rang desquels les plates-formes de visionnage en ligne sur abonnement telles que Netflix.

Un équilibre économique délicat

Les revenus des cinémas sont essentiellement constitués des recettes aux guichets (71 %), des ventes de confiserie et boissons (13 %), de la publicité (4 %) et d’autres ressources, comme la privatisation des salles (9 %).

Des cinémas à l’arrêt

Pour la première fois dans l’histoire, toutes les salles de cinéma de France sont restées fermées entre 14 mars et le 22 juin 2020. L’impact économique de ces quatorze semaines d’arrêt total sur les exploitations a donc été considérable (environ 60 millions d’entrées non réalisées,  soit 400 M€ de manque à gagner au plan national selon la FNCF).

Une reprise à plusieurs inconnues

La réouverture s’est faite le 22 juin dans le cadre d’un protocole sanitaire strict (distanciation, et depuis septembre masque  obligatoire durant toute la projection car l’Ile-de-France est une région où le virus circule activement). Avec la pandémie mondiale, de nombreux distributeurs ont fait le choix de reporter la sortie des films prévue pour cette année, parfois, à très longue échéance et certains distributeurs ont même préféré sortir leur film directement en VàD (vidéo à la demande), ou sur des plateformes, sans passer par les salles ; ils pourraient être nombreux à faire ce choix dans les mois qui viennent. Un redémarrage ne sera possible que si les distributeurs, et notamment les distributeurs de films américains grand public, jouent le jeu des salles et proposent de nouveaux films.

La filière cinéma en danger

Avec la crise sanitaire, c’est tout le système de financement du cinéma qui voit ses moyens baisser considérablement cette année, ce qui fragilise toute la filière. L’Etat annoncé fin août d’un grand plan de relance. Les exploitants de salles de cinéma bénéficient en parallèle du même mécanisme de compensation que les salles de spectacles : ce dernier permet de se faire rembourser les pertes d’exploitation dues à la baisse de fréquentation générée par les contraintes sanitaires.