Comment optimiser les projets industriels en Ile-de-France : outils opérationnels et bonnes pratiques

 

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Réindustrialiser est une ambition qui s’inscrit dans le temps long et dont l’efficacité ne peut se mesurer à l’aune de la seule création de nouvelles usines. Elle suppose, en effet, de veiller aux capacités productives déjà présentes, de les préserver et d’aider à leur développement. Mais comment trouver le foncier nécessaire, notamment en Île-de-France, où il est rare, cher et soumis à de fortes concurrences entre les usages ? La CCI Paris Ile-de-France formule plusieurs propositions pour optimiser le foncier industriel et conforter le tissu industriel régional existant.

Réindustrialisation, de quoi parle-t-on  ?

Le rapport Gallois rappelait dès 2012 combien une politique de compétitivité industrielle était impérative. S’en sont suivies plusieurs mesures : investissements d’avenir, Territoires d’industrie, France Relance et France 2030 avec les prêts « première usine » ou les sites industriels dits « clés en main »…

Les résultats sont au rendez-vous puisque les ouvertures d’usines ont doublé entre 2022 et 2025 mais ils doivent être nuancés, notamment car le solde positif tient largement à la dynamique des start-up. Aujourd’hui, la réindustrialisation se poursuit mais au ralenti alors même que l’objectif affiché est de porter la part de l’industrie dans le PIB national à 12 % en 2035 (elle était de 10 % en 2023).

Mettre en pratique cette ambition et les promesses de création d’emplois qu’elle porte -pas moins de 700 000 selon BPI France- requiert le maintien et le développement du tissu industriel présent tout autant que l’accueil de nouvelles capacités de production (ex : l’atterrissage d’investissements directs étrangers étiquetés Choose France).

Foncier : après sa consommation, place à sa gestion

C’est avant tout à l’échelle locale que s’activent les leviers de la réindustrialisation, notamment car c’est à ce niveau qu’intervient la question centrale du foncier. Un foncier rare et cher qui, à l’heure de la sobriété, est l’objet de vives concurrences entre ses différents usages. D’autant plus en Île-de-France où les activités productives font face au logement et aux problématiques d’acceptabilité et de rentabilité.

Heureusement, certains chiffres redonnent espoir : 2 maires franciliens sur 3 pensent qu’une optimisation foncière. Quant aux besoins des industriels franciliens, ils sont modestes : le besoin est de 2 ha pour la majorité de ceux prévoyant une croissance d’activité dans les prochaines années. Une bonne nouvelle alors que la région disposerait d’un stock de 2 500 ha de foncier industriel, l’équivalent du quart de la superficie de Paris intra-muros.

Reste que le sujet n’est plus seulement de trouver de nouveaux terrains mais de gérer le foncier existant.

Mieux connaître, préserver et optimiser la ressource foncière

Trois impératifs doivent guider la bonne réindustrialisation.

 

Foncier industriel et SDRIF-e

  • bien connaître le foncier. Aujourd’hui de nombreux outils existent, notamment concernant les ZAE et les friches, mais les données et les échelles (régionale, nationale) diffèrent. Les rapprocher et les partager faciliterait l’identification du foncier disponible et de ses possibilités de transformation.
  • optimiser le foncier. D’abord par le développement de foncières spécialisées dans le portage à long terme, ce qui libère la capacité d’investissement des entreprises industrielles dans leur bâti et leurs outils de production. Ensuite par la densification des ZAE existantes, grâce à la mutualisation des équipements, la verticalisation des bâtiments ou encore la réversibilité du bâti. Plus de 500 ha de foncier pourraient ainsi être dégagés .
  • accélérer et sécuriser l’implantation des projets industriels. La CCI Paris Ile-de-France souhaite à cette fin que tout projet industriel d’intérêt régional bénéficie des mêmes facilités administratives que les PINM (projets industriels ou d’infrastructures d’intérêt majeur) et les Grands Projets Stratégiques (annoncés par le Président de la République au printemps).
Par ailleurs, le SDRIF-e constitue à l’échelle francilienne un outil majeur de préservation des capacités productives. Il identifie 26 000 ha d’espaces à vocation économique (sites à sanctuariser ou à requalifier ou ouverts). Aux intercommunalités à présent de s’en emparer, notamment en définissant des OAP (orientations d’aménagement et de programmation) et en réservant une vocation industrielle à des emplacements ou à des adresses. Favoriser le « recyclage productif » des friches industrielles et utiliser le gisement des entrées de ville commerciales sont d’autres leviers à actionner.  
 
Citation Jean Bouzid

Accorder une meilleure attention aux entreprises « déjà-là »

Au printemps 2026, le ministre de l’industrie, Sébastien Martin, dressait un constat implacable : « Dans notre pays, on trouve de l’argent pour faire venir quelqu’un mais quand on est déjà là, c’est plus compliqué ». C’est malheureusement exact et cela doit changer car les dirigeants industriels de nos territoires méritent le même accompagnement que les prospects internationaux.

Plusieurs initiatives vont en ce sens.

  • la région Île-de-France a récemment créé une « mission foncier industriel et économique » à destination des entreprises franciliennes
  • le développement d’hôtels productifs dans les territoires afin d’y ancrer les jeunes entreprises, un bon signal envoyé aux start-up industrielles
  • la MODUE (maitrise d’œuvre pour le développement urbain et économique) : permet d’accompagner les entreprises - notamment industrielles- touchées par les grandes opérations urbaines, du diagnostic de situation à la proposition de solutions de relocalisation à proximité.

 

Pour en savoir plus :  

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Rapporteur : Jean Bouzid
Expert : Franck Fénéon

octobre 2026

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