Les officines de pharmacie en Ile-de-France : un modèle économique à réinventer

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avril 2017
Une publication
du CROCIS
A la fois professionnels de santé et commerçants de détail, les pharmaciens d’officine doivent conjuguer impératifs de rentabilité et offre de soins exercée dans un cadre réglementaire très strict : leur activité est notamment fortement dépendante des politiques publiques en matière de santé. De nombreux professionnels déplorent une baisse continue de la rentabilité des officines ces dernières années, signe de l’urgente nécessité de revoir en profondeur un modèle économique désormais inadapté.

Où en sont aujourd’hui les officines franciliennes ? Quels sont les enjeux majeurs de ce secteur dans la région-capitale ?

Résumé de la publication : 

Une forte densité d’officines dans la capitale

En 2017, l’Ordre des Pharmaciens recense 3 756 officines en Ile-de-France, soit 18 % du total français.

Une législation protectrice...mais contestée, notamment par la grande distribution

Les pharmacies françaises bénéficient également d’un cadre législatif très protecteur, mais cette législation fait l’objet de remises en cause régulières.. C’est sur le marché des médicaments dits « de conseil » (ou « OTC ») que la contestation du monopole est la plus vive, de la part des acteurs de la grande distribution.

Les groupements, un appui très précieux

80 % des officines, tout en restant indépendantes, appartiennent à un groupement.

Une rémunération très encadrée

La marge du pharmacien est liée à la fois au volume (nombre de boîtes délivrées) et au prix des médicaments remboursables. Celui-ci est fixé par l’Etat. Or dans le cadre de la politique de maîtrise des dépenses de santé, les pouvoirs publics se sont efforcés d’inciter à la fois les médecins à diminuer leur volume de prescriptions et les laboratoires pharmaceutiques à baisser le prix des médicaments. Les pharmaciens sont aujourd’hui soucieux de dé-corréler leur marge des tarifs des médicaments remboursables, dont ils n’ont pas la maîtrise.

Des officines en difficulté

La rentabilité des pharmacies s’essouffle fortement par rapport aux décennies passées, et de plus en plus d’officines rencontrent d’importantes difficultés.

Des prix de cession survalorisés

Une distorsion s’est progressivement installée entre les prix de vente demandés, survalorisés car basés sur une rentabilité passée, et la valeur réelle des officines. Certains pharmaciens se sont donc retrouvés en situation de surendettement ou dans l’impossibilité de trouver un repreneur.

Le non-remboursable, plus rentable mais très concurrentiel

Pour faire face à la baisse de leurs marges sur les médicaments remboursables, les pharmaciens cherchent à trouver des relais de croissance dans les produits à marge libre. Ils étoffent donc et mettent en valeur les rayons médicaments OTC, parapharmacie, diététique de leurs officines, plus rentables, bien que soumis à une forte concurrence.

La vente en ligne, encore embryonnaire

Aujourd’hui, 2 % des officines seulement disposent en France, d’un site web autorisé de vente en ligne de médicaments, et  0,3 %  d’entre elles sont franciliennes.

De nouvelles missions pour revaloriser le pharmacien d’officine ?

Les syndicats de pharmaciens proposent que soient rémunérés sous forme d’honoraires le temps passé sur l’ordonnance, tout comme les nouveaux services qu’ils pourraient proposer en collaboration avec les médecins et les autres professionnels de santé.