Les opticiens d’Ile-de-France bousculés entre hyperconcurrence et réforme de la prise en charge

206
octobre 2018
Une publication
du Crocis
L’opticien est à la fois un commerçant et un professionnel de santé soumis au Code de la Santé publique ; on dénombre aujourd’hui 35 000 opticiens lunetiers en France, et 15 300 commerces d’optique (Insee).

 

Résumé de l’étude :
L’opticien est à la fois un commerçant et un professionnel de santé soumis au Code de la Santé publique. En Ile-de-France, 3 300 commerces de détail d’optique sont présents, soit 22  % du total français (Insee), et emploient 8 000 salariés, c’est-à-dire 21 % des effectifs français (Acoss).

Un parc de magasins surdimensionné

Le parc français de magasins d’optique est très dense : 52 opticiens pour 100 000 habitants et elle a augmenté de 58 % au niveau national depuis 2010. C’est à Paris que la densité est la plus forte : 110 pour 100 000 habitants, plus du double de la moyenne nationale.Après une quinzaine d’années de croissance continue, le parc de magasins d’optique est aujourd’hui saturé. 

Une concurrence accrue avec l’émergence de la vente en ligne et du low cost

Mesures réglementaires et hyper-concurrence, exercent une pression sur les prix et fragilisent l’ensemble des acteurs en diminuant le chiffre d’affaires par point de vente. La concurrence s’est encore intensifiée avec l’arrivée de nouveaux acteurs sur le segment du discount. 

L’optique en ligne libéralisée

De nouveaux acteurs sont également apparus sur le web. La loi « Hamon » de 2014 a en effet libéralisé et encadré la vente d’optique sur internet, permettant l’émergence de « pure players 

Une diversification dans l’audioprothèse

Face à l’hyper-concurrence et la pression sur les prix, les opticiens cherchent des relais de croissance : de grandes enseignes d’opticiens ont entamé une diversification dans la vente de matériel auditif. 

La réforme « RAC zéro » en optique suscite des craintes

Les pouvoirs publics et les syndicats des opticiens ont signé en juin 2018 un protocole d’accord « Reste à charge zéro»  pour l’optique. La profession est très inquiète sur les conséquences de cette réforme, encore difficiles à appréhender ; elle craint que le marché ne soit tiré vers le bas et que de nombreux commerces ne soient amenés à disparaître.