Le shopping, un enjeu pour l’attractivité touristique de l’Ile-de-France

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octobre 2019

Critère de choix de destination, expérience de visite immersive, source de satisfaction pour les visiteurs et de revenus pour le territoire, le shopping représente une composante essentielle de l’activité et de l’attractivité touristiques. Avec la forte augmentation du tourisme international, cette activité est de plus en plus considérée par les destinations comme une opportunité pour augmenter leurs retombées économiques. Quelle est l’importance du shopping pour les touristes en Ile-de-France ? Quel est le profil des « shoppers » dans la région ? Quelles sont les retombées économiques du tourisme de shopping pour les commerçants ?

 

Même s’il reste derrière les autres piliers de l’attractivité touristique que sont la beauté de la ville et l’architecture ainsi que le patrimoine culturel, le shopping est globalement la troisième source de motivation d’un séjour à Paris Ile-de-France.

Une activité shopping à deux visages en Ile-de-France

Deux types de shopping cohabitent à Paris et dans sa région : un shopping traditionnel et un shopping plus expérientiel et immersif. Le premier s’effectue dans les incontournables grands magasins parisiens, les centres commerciaux de Paris intra-muros, les outlets de la région mais également dans les quartiers commerçants réputés à l’international (Champs-Elysées, Montmartre, etc.). Le shopping expérientiel se pratique, pour sa part, au gré des balades, dans les quartiers branchés.

En Ile-de-France, le tourisme de shopping reste concentré dans Paris intra-muros

L’activité de shopping des touristes en Ile-de-France reste, pour l’heure, essentiellement concentrée au cœur de la métropole. Symbole de cette centralisation, sur les 12 zones touristiques internationales (ZTI) définies actuellement dans la région, 10 sont situées dans Paris intra-muros.

Les « shoppers » ont tendance à séjourner plus longtemps dans la région

En Ile-de-France, près de 26 millions de visiteurs effectuent chaque année des achats de biens durables. Près de 60 % d’entre eux viennent d’un pays étranger, notamment des Etats-Unis, du Royaume-Uni, d’Espagne, d’Italie et d’Allemagne.

Ceux-ci sont plus nombreux que la moyenne des visiteurs de la destination à être des primo-visiteurs (28 % contre 21 %). Ce sont majoritairement des femmes (55 %) et leur âge moyen est de 41 ans. Ces visiteurs sont essentiellement issus des CSP+ (32 %). Par ailleurs, ils restent à Paris Ile-de-France plus longtemps que la moyenne des visiteurs (4,8 nuits contre 3,8 nuits).

Les touristes long-courriers sont ceux qui dépensent le plus

En 2018, les retombées économiques liées à l’achat de biens durables dans la région sont estimées à plus de 3 milliards d’euros, soit 15 % de la consommation touristique totale (22 milliards d’euros). La clientèle française a généré près d’1 milliard d’euros et les clientèles internationales environ 2 milliards d’euros.

Avec respectivement 265 et 246 millions d’euros dédiés au shopping, les clientèles chinoise et américaine ont été les plus contributrices. Les Espagnols qui constituent la première clientèle européenne en la matière complètent le podium des visiteurs internationaux (85 millions d’euros).

85 % des commerces de la capitale sont fréquentés par des touristes

Ces achats réalisés par les touristes concernent une grande part des commerces franciliens, notamment ceux de la capitale ; ainsi, 85 % des commerces parisiens sont fréquentés par des touristes, notamment ceux situés dans les arrondissements centraux de la capitale.

Même si 41 % des commerçants de la capitale déclarent que les dépenses des touristes internationaux représentent moins de 20 % de leur chiffre d’affaires, ils sont aussi 42 % à avoir une part de leur activité liée aux touristes étrangers comprise entre 21 % et 80 %.

Les retombées économiques du tourisme de shopping en baisse en Ile-de-France depuis 2014

Cependant, depuis 2014, les retombées économiques générées par les achats de biens durables ont diminué de 12 % ; les clientèles internationales ont ainsi réduit ce poste budgétaire de 14 % et la clientèle française de 8 %. Le tourisme de shopping à Paris Ile-de-France perd ainsi du terrain face à des destinations concurrentes telles que Londres, Milan, New-York, Dubaï ou encore Tokyo.

Les nouvelles dispositions pour stimuler les recettes touristiques en Ile-de-France et en France – notamment en termes de détaxe accordée aux voyageurs ne résidant pas dans l'Union européenne - sont, par conséquent, les bienvenues.

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