Les échanges commerciaux entre l'Ile-de-France et le Royaume-Uni : la situation avant le Brexit

A l’heure où chacun spécule sur les conséquences du Brexit pour l’économie britannique, qu’en est-il exactement des échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et la région Ile-de- France ?

Si les flux financiers sont difficiles à mesurer avec précision, les échanges de biens matériels sont intégralement répertoriés par les douanes lors de leur entrée ou leur sortie du territoire. Ainsi, il est possible de quantifier la valeur des échanges entre la région et les pays étrangers.

Le Royaume-Uni est un partenaire commercial important de l’Ile-de-France : en effet, il est la 3ème destination la plus importante pour les exportations franciliennes (derrière les Etats-Unis et l’Allemagne) et le 7ème fournisseur de produits importés en Ile-de-France. En 2015, les valeurs de ces échanges s’élèvent à 5,8 milliards d’euros pour les exportations et à 6,2 milliards pour les importations. Le solde commercial des échanges entre l’Ile-de-France et le Royaume-Uni est déficitaire de 546 millions pour de la région francilienne.

Les échanges entre le Royaume-Uni et l’Ile-de-France sont très nettement dominés par les « produits de la construction automobile » : ils représentent 23 % des exportations et 34 % des importations de produits franciliens.

Le Royaume-Uni apparaît à la fois comme un client et un fournisseur important des échanges commerciaux du secteur automobile francilien : il s’agit de la deuxième destination des produits de la construction automobile francilienne (pour une valeur d’1,4 milliard d’euros) derrière l’Allemagne (1,6 milliard) ; et le 3ème pays fournisseur avec 2,1 milliards d’euros de produits vendus à l’Ile-de-France, derrière l’Espagne et l’Allemagne (respectivement 4,4 et 3,6 milliards d’euros).

Le possible rétablissement de barrières douanières entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne pourrait défavoriser les exportations des constructeurs français. Cela serait d’autant plus dommageable que le Royaume-Uni est un partenaire commercial historiquement important et que les immatriculations britanniques ont battu leur record en 2015. Les produits fabriqués au Royaume-Uni par les constructeurs français (usine Nissan de Sunderland, usine PSA de Ryton,…) risque de subir à l’export la hausse des tarifs douaniers et verraient leurs ventes pénalisées dans les pays de l’Union européenne.

Le 19/07/2016