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Huit entreprises franciliennes sur dix créées en 2018 sont encore actives après trois ans

Enjeux Ile-de-France n° 247

Survie des entreprises Survie des entreprises

Parmi les entreprises (hors micro-entrepreneurs) créées au premier semestre 2018 en Île-de-France, 82 % sont toujours actives en 2021, trois ans après leur création, alors qu’elles n’étaient que trois sur quatre pour celles créées en 2014. Les entreprises enquêtées en 2021 ont connu un contexte particulier avec la crise sanitaire. En particulier, plus de 60 % des entreprises franciliennes ont eu recours aux mesures de soutien de l’État. Parmi les 18 % d’entreprises qui ont arrêté leur activité, plus de quatre sur dix (soit 7,5 % de l’ensemble) l’ont fait en raison de la crise sanitaire. Cependant, l’emploi global des entreprises créées en 2018 a augmenté de 18 % entre 2018 et 2021, et l’emploi salarié de 60 %. Les entreprises créées sous le statut de micro-entrepreneur sont deux fois moins pérennes à trois ans que les entreprises classiques.

En 2018, 89 000 entreprises ont été créées en Île-de-France hors celles sous le régime de micro-entrepreneur, non prises en compte dans cette étude. Parmi les entreprises créées au premier semestre 2018, 82 % étaient toujours actives en 2021, contre 76 % en 2017 pour celles créées au premier semestre 2014. Ainsi mesurée, la pérennité à trois ans des nouvelles entreprises a augmenté de six points entre ces deux cohortes.



Texte

En 2018, plus des trois quarts (77 %) des entreprises créées (hors micro-entrepreneurs) sont des sociétés, tandis que 23 % sont des entreprises individuelles. La pérennité des nouvelles entreprises varie selon leur statut juridique : elle est plus élevée pour les sociétés (82 %) que pour les entreprises individuelles (77 %). Le taux de pérennité à trois ans des sociétés augmente, entre 2014 et 2018, de 3 points. La hausse apparaît plus importante pour les entreprises individuelles (+14 points), mais cela s’explique en partie par l’évolution du profil des entreprises créées sous ce régime entre 2014 et 2018, du fait de changements réglementaires. Pour les deux catégories d’entreprises, les mesures de soutien dont elles ont pu bénéficier en 2021 pourraient contribuer à expliquer une meilleure pérennité.


Les nouvelles entreprises légèrement plus impactées par la crise sanitaire dans la région qu’en France

En Île-de-France, 7,5 % des entreprises créées en 2018 (hors régime de micro-entrepreneur) ont déclaré en 2021 avoir arrêté complètement leur activité en raison de la crise sanitaire, contre 5,8 % pour l’ensemble de la France. Cela représente donc plus de quatre entreprises sur dix parmi les 18 % d’entreprises non pérennes à trois ans. De fortes disparités sont observées selon l’activité dans la région. Les entreprises du secteur des activités spécialisées, scientifiques et techniques et celles du secteur des services administratifs et de soutien ont été les plus concernées : plus d’un quart d’entre elles (27 %) ont totalement suspendu leur activité

En Île-de-France, les principales difficultés rencontrées pendant la crise sanitaire par les entreprises créées en 2018 sont d’ordre financier : elles sont mentionnées par six entreprises sur dix, une proportion similaire pour l’ensemble de la France (figure 2). La deuxième difficulté la plus rencontrée est le manque de débouchés ou de commandes (44 % contre 37 % au niveau national). À l’inverse, les nouvelles entreprises franciliennes sont moins nombreuses à avoir signalé des problèmes d’approvisionnement (14 % contre 20 %).

Recours à des dispositifs d’aides pendant la crise sanitaire

Pour faire face aux difficultés liées à la crise sanitaire, les entreprises ont pu faire appel à des dispositifs d’aides mis en place par l’État. Ce recours a été légèrement moindre en Île-de-France qu’au niveau national, puisque 61 % des entreprises franciliennes ont bénéficié d’au moins une aide contre 64 % pour l’ensemble des entreprises de la France. En particulier, le report des échéances sociales ou fiscales a été moins demandé par les nouvelles entreprises franciliennes que sur l’ensemble du territoire français (-6,6 points).

Les sociétés créent davantage d’emplois que les entreprises individuelles

Le volume d’emplois générés durant les trois premières années d’une entreprise diffère selon sa nature juridique. Seules les sociétés sont à l’origine de la création d’emplois. Ainsi, 13 400 emplois supplémentaires ont été créés entre 2018 et 2021 parmi les sociétés tandis que les entreprises individuelles en ont perdu 600.

La pérennité des entreprises individuelles est plus faible, ce qui influe sur l’évolution de l’emploi. Ainsi, la perte de 600 emplois résulte de deux mouvements contraires. D’une part, 900 emplois ont été directement détruits par la cessation d’une partie des entreprises. D’autre part, les entreprises individuelles qui sont toujours actives en 2021 ont globalement gagné 300 emplois. Cependant, dans la grande majorité des entreprises individuelles pérennes, le nombre d’emplois est stable.

82.00 %
des entreprises franciliennes (hors micro-entrepreneurs)
créées au premier semestre 2018 sont toujours actives trois ans
après leur création
60.00 %
des entreprises franciliennes ont eu recours aux mesures de soutien de l’État durant la crise sanitaire
7.50 %
des entreprises créées en 2018 (hors régime de micro-entrepreneurs) ont arrêté complètement leur activité en raison de la crise sanitaire

Publication en partenariat avec l'Insee Ile-de-France

Auteur : Jean-Philippe Martin, Augustin MOREAU, Flora Richel et Clotilde Sarron (Insee),
Yves Burfin (Crocis de la CCI Paris Île-de-France)

Décembre 2023

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