L'économie francilienne s'essouffle

1er trimestre 2008
Juin 2008
Une publication
du CROCIS
L'activité économique francilienne a confirmé au cours du 1er trimestre 2008 les premiers signes d'essoufflement entrevus fin 2007.

La consommation en a été impactée. L’évolution du marché de l'emploi, même si celui-ci est resté bien orienté et a vu le niveau de l'emploi salarié continuer à augmenter sur l'ensemble du trimestre, a été hésitante lors des 3 premiers mois de l'année. De même, bien qu'elles se soient maintenues à un niveau élevé, les créations d'entreprises ont été moins dynamiques que ces derniers mois. La fin de l'année sera très dépendante de la santé de l'économie pour la France entière et plus globalement de celle de l'économie mondiale qui restent bien incertaines.

Conjoncture européenne

Les premières estimations d'Eurostat pour le PIB du 1er trimestre 2008 font ressortir la croissance à + 0,8 % que ce soit dans la zone euro ou plus largement dans l'Union Européenne des 27. Par rapport au 1er trimestre 2007, le PIB de la zone euro et celui de l'UE27 se sont élevés de + 2,2 % et + 2,5 %. Toutes les composantes du PIB sont orientées à la hausse même si elles le sont à des rythmes très différents : les exportations ont crû de 1,9 % dans la zone euro et de 1,7 % dans l'UE27 malgré la persistance d'un euro fort face au dollar et aux autres devises ; par ailleurs, la dépense de consommation finale des ménages a augmenté de seulement 0,2 % dans la zone euro et de 0,3 % dans l'UE27. La consommation se maintient donc très difficilement du fait de l'inflation élevée (3,5 % en mars) qui joue sur le moral des ménages.

Compte tenu des nombreuses incertitudes, les prévisions de croissance pour la zone euro ont été revues à la baisse : fin avril, la Commission Européenne a abaissé sa prévision pour 2008 à +1,7 % et, début juin, l'OCDE a fait passer la sienne de +1,9 à +1,7%. Une baisse du rythme des créations d'emplois est également envisagée.

Conjoncture française

L'économie française a enregistré une croissance de + 0,6 % au 1er trimestre 2008, bien meilleure que prévue, après + 0,3 % au 4ème trimestre 2007. Les dépenses de consommation, moteur habituel de la croissance du PIB, ont cependant sérieusement ralenti avec une hausse de seulement 0,1 % contre 0,6 % au trimestre précédent, contribuant à hauteur de 0,1 point à l'évolution du PIB. A contrario, les exportations, soutenues par la bonne santé du partenaire privilégié allemand, ont bondi de 3,1 % au 1er trimestre (après - 0,2 % au 4ème trimestre 2007) alors que les importations augmentaient de 1,9 %, le solde du commerce extérieur contribuant ainsi pour 0,3 point à l'évolution du PIB.

Comme pour l'Union Européenne, ce début d'année positif ne pousse malgré tout pas à un élan d'optimisme : les prévisions pour le 2ème trimestre sont moins favorables et l'inflation est le principal point de préoccupation pour les prochains mois.

Sur le marché de l'emploi, le taux de chômage a joué au yo-yo sur les premiers mois de l'année mais il s'est établi en moyenne à 7,2 %, soit 2 millions de personnes, au 1er trimestre 2008.