L’économie francilienne tarde à redémarrer

1er trimestre 2015
Juillet 2015
8 pages
Alors que la croissance française a retrouvé du tonus début 2015, l’économie francilienne n’a pas montré de signes d’amélioration significative au premier trimestre 2015

Au contraire, le nombre de défaillances d’entreprise dans la région est reparti en légère hausse après la pause observée fin 2014. De même, la baisse des prix de l’immobilier a continué et son ampleur a atteint 5,2 % depuis le dernier point haut de fin 2011. Parallèlement, même si elle s’est légèrement redressée début 2015, l’activité hôtelière a continué à être à la peine. Dans ce contexte toujours aussi peu porteur, l’emploi salarié a certes poursuivi son lent redressement (il reste toujours inférieur de 0,6 % à son point haut de 2007-2008) mais le nombre de demandeurs d’emploi franciliens (catégorie A) a continué à augmenter et a dépassé les 664 000 en mars, soit 71,6 % de plus qu’avant-crise.

Conjoncture française

Après une fin d’année au ralenti (+ 0,2 % et + 0,1 % aux troisième et quatrième trimestres) dans la continuité des résultats depuis le printemps 2011, le PIB hexagonal a accéléré au premier trimestre 2015 : + 0,6 %, soit l’une des meilleures performances depuis la récession de 2008-2009. Malgré la contribution négative du commerce extérieur, cette hausse au cours des trois premiers mois de l’année a été permise par la reconstitution des stocks et, surtout, par l’augmentation de la consommation des ménages.

L’acquis de croissance pour 2015 est ainsi, pour l’heure, de + 0,8 % et, même si les trois autres trimestres devraient être moins dynamiques que le premier, l’Insee attend une croissance annuelle de + 1,2 %. Ce niveau pourrait permettre un début de rétablissement du marché du travail à partir du second semestre 2015 alors que, au premier trimestre, le taux de chômage en France métropolitaine a atteint 10,0 %.

Tendances à court terme

Les toutes dernières informations disponibles concernant la conjoncture régionale laissent penser que l’activité francilienne a suivi une orientation favorable au printemps dernier : en mai, elle a notamment été assez vigoureuse dans les services marchands et elle est restée stable dans l’industrie, mais après un mois d’avril particulièrement dynamique. Néanmoins, le climat des affaires reste frileux et inférieur à ses niveaux d’avant 2008. Pour les mois à venir, le maintien de l’euro à un niveau faible (la devise oscille entre 1,10 $ et 1,13 $ depuis un mois) facilite les perspectives de débouchés hors Europe pour les entreprises franciliennes les plus tournées vers l’export.

En contrepartie, la situation grecque pourrait encore retarder la reprise tant attendue ; de surcroît, côté demande interne, le contexte reste morose : malgré un prix du pétrole peu élevé qui redonne du pouvoir d’achat aux ménages, la consommation reste contrainte par le niveau élevé du chômage ; en effet, le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A en Ile-de-France a de nouveau augmenté en mai : + 1,2 % par rapport à avril.