L'économie francilienne toujours au ralenti

4e trimestre 2009
Mars 2010
Une publication
du CROCIS
8 pages
Si l'amélioration de l'activité économique en Île-de-France s'est poursuivie au cours du 4ème trimestre 2009, elle a continué à se faire à un rythme très lent et parfois hésitant.

Cet attentisme est notamment de rigueur pour le secteur automobile pour lequel on peut s'interroger sur l'évolution au fur et à mesure de la réduction de la "prime à la casse". Par ailleurs, ce rebond n'est pas encore généralisé à l'ensemble des secteurs : alors que l'immobilier est reparti à la hausse, le tourisme a seulement semblé amorcer un début de retournement. Ce rebond, même modeste, a néanmoins permis de réduire le nombre des défaillances d'entreprises, en baisse à la fois au 4ème trimestre 2009 mais aussi sur l'ensemble de l'année. A contrario, il n'a pas permis d'enrailler la hausse du taux de chômage qui, après avoir marqué un temps d'arrêt au 3ème trimestre, a augmenté de 0,5 point au 4ème pour désormais atteindre 8,4 %.

Conjoncture française

Le redémarrage de l'économie française demeure extrêmement lent. Ainsi, après des évolutions du PIB de + 0,3 % au 2ème trimestre puis de + 0,2 % au 3ème trimestre, la croissance de l'activité française a été à peine plus vigoureuse au 4ème trimestre (+ 0,6 %). Cette légère hausse a par ailleurs été le fait de facteurs ponctuels : d'une part la limitation du déstockage des entreprises et, surtout, une hausse de la consommation soutenue par le niveau des ventes d'automobiles (effet d'anticipation des ménages en vue de la réduction de la "prime à la casse").

Le rebond de l'activité en fin d'année n'a pas pu compenser l'effondrement enregistré au 1er trimestre 2009 et, sur l'ensemble de l'année, le PIB s'est finalement contracté de 2,2 % par rapport à 2008. De plus, alors qu'un ralentissement de la dégradation du marché de l'emploi était attendu, la fin de l'année s'est soldée par une hausse du chômage : après avoir stagné en moyenne au 3ème trimestre, le taux de chômage a crû de 0,5 point et a atteint 9,6 %.

Conjoncture européenne

Selon les premières estimations d'Eurostat pour le 4ème trimestre 2009, le PIB de la zone euro et celui de l'Union Européenne ont tous les deux augmenté très légèrement par rapport au trimestre précédent (+ 0,1 %). Cette hausse vient très modestement confirmer la sortie de récession observée dans les deux zones au 3ème trimestre. En effet, si les exportations et les importations ont profité du redémarrage du commerce mondial, la consommation et surtout les investissements sont restés mal orientés.

Par ailleurs, la sortie de récession observée au niveau européen n'est pas encore généralisée : si le Royaume-Uni est finalement sorti de récession au 4ème trimestre, ce n'est pas le cas de l'Espagne et le PIB de l'Italie s'est à nouveau contracté sur les trois derniers mois de l'année. Cette fragilité de l'activité est d'autant plus forte que les déficits publics ont atteint des niveaux très élevés (Grèce, mais aussi Portugal, Espagne, Irlande, etc.). Parallèlement, la dégradation du marché de l'emploi est certes moins importante mais perdure. Le taux de chômage atteignait ainsi 10,0 % en zone euro et 9,6 % dans l'UE en décembre (contre 8,2 % et 7,6 % un an plus tôt).