Les soldes ne sauvent pas une saison automne-hiver sinistrée

février 2016
Une saison automne-hiver 2015 marquée par une importante baisse de fréquentation, que les soldes n’ont pas pu redresser malgré de fortes démarques, c’est le bilan décevant de cet hiver 2015-2016 pour les commerçants parisiens. La peur liée aux attentats conjuguée à la crise économique qui perdure et l’absence du froid ont retenu les consommateurs loin des magasins ; même la période de Noël n’a pas donné lieu à des ventes satisfaisantes pour les commerçants.

Enquête « soldes d’hiver 2016 » menée par le CROCIS auprès de 300 commerçants parisiens du 1er au 5 février 2016, complétée par une centaine d’entretiens en face-à-face rue de Rennes.

Un résultat décevant pour les soldes

Par rapport à un mois normal, le surplus de chiffre d’affaires généré par les soldes a été au mieux égal à 10 % pour plus de la moitié des commerçants (51%). Pour 27 % d’entre eux, les soldes n’ont même généré aucun chiffre d’affaires supplémentaire. 57 % des commerçants jugent que ce résultat n’est pas satisfaisant : il est inférieur à celui de 2015 pour 53 % d’entre eux. Or les soldes d’hiver 2015 avaient déjà été particulièrement mauvais suite à l’attentat contre Charlie Hebdo.

D’importants pourcentages de remises

43 % des commerçants ont proposé -50 % de remises dès la première démarque. Néanmoins, depuis plusieurs années, une partie des commerçants se plaint que les soldes n’ont plus rien d’exceptionnel pour les clients. Aujourd’hui c’est plus de la moitié (51 %) des commerçants qui jugent que les soldes ne sont plus un événement incontournable pour les clients.

Une forte baisse de fréquentation après les attentats

Pour 88 % des commerçants parisiens, les attentats du 13 novembre 2015 ont eu des répercussions importantes sur leur activité : 91 % d’entre eux ont observé une baisse de fréquentation à partir de cette date. Cette désaffection des clients a eu un impact considérable sur le chiffre d’affaires de la saison, en baisse pour 67 % des commerçants. C’est pourquoi ils sont 57 % à juger que leur activité n’a pas été satisfaisante pendant la saison automne-hiver 2015.

Des promotions à la rescousse du chiffre d’affaires

33 % des commerçants ont  dû mettre en place des mesures spécifiques pour relancer leur activité après les attentats, à savoir des promotions anticipées ou non prévues, ou des rabais plus élevés : 55 % ont pratiqué des ventes privées auprès de leur clientèle fidèle ou des promotions avant le démarrage des soldes : ils n’étaient que 41 % en 2015.