Le Black Friday, un évènement marketing en plein essor

Le Black Friday est un événement promotionnel donnant lieu à des remises importantes pour les commerces qui souhaitent l’organiser. Cette habitude, très ancrée aux Etats-Unis, le lendemain de la fête de Thanksgiving, est en train de progressivement s’installer dans le paysage commercial hexagonal et francilien.

Une pratique qui se développe…

En France et en Ile-de-France, cet évènement promotionnel est organisé le dernier vendredi du mois de novembre, sur le même modèle qu’outre-Atlantique. Il se poursuit le week-end sous la forme d’un « cyber week-end » qui prolonge l'événement jusqu'au lundi. Débarqué en France quatre ans auparavant, il ne suscite pas encore un engouement débordant. D'abord organisé principalement par des distributeurs de produits high-tech ou d'équipement de la maison, cet évènement est désormais pratiqué par des marques de mode internationales comme françaises. Ce n’est plus non plus l’apanage de quelques marques de e-commerce, mais de plus en plus de commerces physiques s’y sont mis également. Ainsi, des enseignes de premier ordre ont décidé de se lancer récemment, tels les mastodontes Sephora, Darty, la Fnac… et mêmes les agences de voyage comme Havas ou les salles de spectacle (par exemple, l’Olympia propose des remises sur les billets). Des campagnes de publicité et d’affichage ont contribué à accompagner ce phénomène.

… mais dont l’impact économique reste limité

Le mois de novembre représente traditionnellement un creux d’activité. La tenue de cette journée de rabais, qui n’est pas trop proche des soldes officiels débutant le 11 janvier, donne la possibilité aux enseignes de proposer d’ores et déjà des produits à prix réduits mais sans possibilité de revente à perte (contrairement aux soldes) et aux consommateurs d’anticiper leurs achats de Noël. Néanmoins, les rabais ne devraient pas atteindre des records, observés plutôt lors des périodes de soldes. Proposés à -20 ou -30%, certains produits devraient facilement trouver preneur, sans pour autant s’écouler massivement. Face à une activité contrainte en 2016 notamment dans l’habillement (-2,3% en valeur sur les dépenses d’habillement par rapport à 2015), les montants des remises ne devraient pas dépasser ces seuils observés.

Une habitude à construire

En 2015, malgré la proximité des attentats parisiens, 52% des français ont déclaré avoir profité des remises proposées pour réaliser des bonnes affaires, principalement auprès des e-commerçants. Cette année, 32 % des Français déclarent avoir l'intention de faire des achats durant ce gros weekend de promotions. L’habitude de consommation reste donc clairement à construire lors de cette période. Il semble cependant qu’il y ait une vraie attente du côté des consommateurs qui voient dans l’évènement un côté fédérateur. 

Il en est de même pour les commerçants parisiens ; selon l’enquête du CROCIS de la CCI Paris Ilede-France, seuls 3% d’entre eux ont déclaré avoir participé au Black Friday en 2014, et 10% en 2015. Bien qu’en augmentation, ce chiffre est dans l’obligation de continuer à s’accroitre dans les prochaines années pour vraiment faire apparaitre le Black Friday comme un évènement commercial de premier ordre.

Le 25/11/2016