Le solde commercial francilien s’améliore en 2025 malgré la guerre commerciale américaine
Enjeux Ile-de-France n°272
En 2025, le commerce extérieur de l’Île-de-France affiche une amélioration notable, malgré un environnement mondial instable. La région bénéficie d’un recul de ses importations et d’une progression de ses exportations, ce qui contribue à réduire son déficit commercial.
L’un des principaux facteurs de cette amélioration est la baisse du coût de l’énergie. Les importations de produits énergétiques, qui avaient fortement pesé après la crise du COVID-19 et le choc inflationniste qui l’avait suivi, reculent nettement.
Les échanges avec les pays européens restent majoritaires
Les échanges franciliens restent principalement orientés vers l’Europe, qui demeure le premier partenaire commercial de la région. Les pays européens représentent plus de la moitié des importations et près de 60 % des exportations. L’Asie-Océanie constitue la deuxième grande zone d’échanges, mais avec un déséquilibre important : les importations y sont nettement supérieures aux exportations. Les Amériques occupent la troisième place, avec des flux en progression en 2025.
La majorité des échanges commerciaux franciliens se fait avec un petit nombre de pays
Le commerce extérieur francilien est aussi fortement concentré autour d’un nombre limité de pays. Les dix principaux partenaires représentent environ deux tiers des échanges régionaux. Parmi eux figurent les États-Unis, la Chine et plusieurs voisins européens comme l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, l’Italie, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Les échanges avec la Chine restent les plus déséquilibrés : les importations franciliennes atteignent 28,1 milliards d’euros, contre 8,9 milliards d’euros d’exportations, soit un déficit de 19,2 milliards. L’Espagne présente également un déficit marqué, avec des importations presque deux fois supérieures aux exportations.
L’aéronautique, l'automobile et la pharmacie : les spécialisations de l'industrie francilienne en tête des exportations
Les exportations franciliennes reflètent les spécialisations économiques de la région. L’aéronautique arrive en tête, avec 23,7 milliards d’euros exportés, suivie de l’automobile, de la pharmacie et des produits liés au luxe. Le cuir, les bagages, les chaussures, les parfums, les cosmétiques et la joaillerie confirment le poids de l’Île-de-France dans les secteurs à forte valeur ajoutée. Côté importations, les produits de la construction automobile restent les premiers intrants, avec 24,5 milliards d’euros.
Une année marquée par la guerre commerciale lancée par les Etats-Unis
Le 2 avril 2025, les autorités américaines annoncent de nouveaux droits de douane sur de nombreux produits importés. Après plusieurs mois de négociations, un accord fixe un plafond de 15 % sur la majorité des exportations européennes vers les États-Unis. Ces annonces ont créé un climat d’incertitude, mais aussi un effet d’anticipation : certains acheteurs américains ont constitué des stocks avant l’application des tarifs. Les exportations franciliennes vers les États-Unis ont ainsi progressé de 2,5 % en 2025, avant de reculer nettement au premier trimestre 2026.
Enfin, le début d’année 2026 est marqué par l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur. Malgré son importance politique et économique potentielle, les pays concernés pèsent encore peu dans le commerce francilien : 1,0 % des exportations et 0,3 % des importations.

