Transmettre - Reprendre une entreprise : une opportunité d'avenir

10 leviers stratégiques pour faire de la transmission-reprise un moteur de croissance

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500 000 : c’est le nombre d’entreprises qui seront à céder dans les 10 prochaines années alors même qu’il n’y a pas assez de repreneurs pour compenser le vieillissement des dirigeants. La transmission et la reprise d'entreprise sont donc des problématiques essentielles à la bonne santé de nos économies et de nos territoires. Elles sont aussi de réelles opportunités de renouvellement, d’innovation et de développement. Comment lever les freins à leur parfaite mise en œuvre et en faire de véritables moteurs de croissances ? La CCI Paris Ile-de-France a identifié 10 leviers d’action.

   

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La transmission d’entreprise recouvre une grande diversité de situations. Rien de comparable entre un cabinet de conseil repris par un salarié voire cédé à un tiers, la montée au capital dans une industrie, ou encore la transmission d'un commerce.. Chaque projet est unique, variant selon la taille, l’activité, la localisation de l’entreprise, le profil du repreneur et les objectifs poursuivis.

Un point commun tout de même : transmettre-reprendre, c’est toujours se projeter, envisager demain. C’est même parfois perçu -à tort- comme la fin d’une vie professionnelle. Une vision à démythifier impérativement : l’acte de transmettre est un projet d’entreprise ; un très beau projet même.

Or, la transmission des entreprises en France est une opération délicate et complexe du fait de l'imbrication d'une multitude de facteurs : psychologie et culture du chef d'entreprise, gestion patrimoniale, forte instabilité et complexité de la fiscalité, attitude des banques, aversion au risque, conscience d'un monde en mutation avec de nouvelles opportunités parfois difficiles à appréhender, etc.

 

Pas facile dans ces conditions de percevoir combien la reprise est tout autant importante que la création d’une entreprise, surtout si elle permet de donner un nouveau souffle. Il est temps d’adapter les discours publics pour placer le repreneur au même niveau que le créateur car entrepreneuriat et repreneuriat servent tous les deux le dynamisme économique.

500000.00
entreprises à céder dans les 10 ans
84100.00
emplois menacés chaque année rien que pour l'Ile-de-France
137000.00
employant au moins 1 salarié ou un dirigeant âgé de 55 ans ou plus
Citation

 

Adapter les discours demande également une parfaite connaissance des ressorts de la transmission-reprise. Pas forcément évident quand on sait que ces dossiers se répartissent entre un « marché caché » dans lequel la confidentialité est primordiale et un « marché ouvert », plus visible mais bien moins volumineux. La ventilation des transactions est d’environ 70 % pour le premier et 30 % pour le second. La majorité des transmissions internes (familiales ou au profit d'un salarié) se font bien sûr dans la discrétion, sans annonce publique, et relèvent par conséquent du « marché caché ». Pour les offres accessibles à tous, le recensement peut se trouver sur les plateformes comme Transentreprise, Fusacq ou Cession PME ; il ne s’agit alors qu’une minorité des transactions.

Autre caractéristique variable selon les cas de figure : celle des modalités financières du passage de relai. Certaines transmissions se font à titre gratuit (donation, succession), d’autres à titre onéreux (vente, cession de titres). D’ailleurs les enjeux financiers sont majeurs ici, pour le cédant comme pour le repreneur. Le prix, les conditions d’achat et le financement sont déterminants : une mauvaise vision de ces aspects et c’est tout le projet qui est fragilisé.

Quelles sont dans ces conditions les clefs d’une transmission-reprise réussie ? D’abord, l'anticipation, la modernisation permanente de l'activité et l'agilité du chef d'entreprise, qui sont des facteurs primordiaux. C'est aussi l'identification le plus en amont possible d'un repreneur potentiel parmi ses enfants, ses salariés, ses clients, ses concurrents, pour préserver l'activité, l'emploi et les savoir-faire. C’est enfin le bon accompagnement par des experts et réseaux spécialisés comme les CCI ou Transentreprise. Particulièrement pour les PME-TPE qui forment la quasi-totalité du tissu économique et nécessitent un appui spécifique afin de surmonter le déficit d’information et valoriser leur potentiel.

Transmission - reprise

 

Ce moment de la vie des entreprises ne doit plus être perçue comme une simple transition patrimoniale ou la fin d'une aventure entrepreneuriale, mais comme un véritable parcours de croissance pour les cédants comme pour les repreneurs. La CCI Paris Ile-de-France, qui possède une expertise avérée et de longue date en la matière, a identifié 10 leviers stratégiques, qui sont autant d’actions prioritaires pour renforcer la dynamique de transmission-reprise.

  1. Objectiver les réalités du marché par une meilleure connaissance des données statistiques et économiques.
  2. Valoriser l’image de la transmission-reprise, en la positionnant comme une voie d’avenir et de développement
  3. Promouvoir l’esprit de repreneuriat dans la formation, notamment dans les établissements scolaires et universitaires
  4. Structurer les filières industrielles et du patrimoine vivant, pour faciliter leur pérennité et leur transmission
  5. Mettre en place des leviers financiers dédiés, tels des fonds d’investissement adaptés aux enjeux du repreneuriat
  6. Encourager le repreneuriat au féminin, en levant les freins et en valorisant les parcours inspirants
  7. Renforcer l’accès à une information financière fiable, afin de sécuriser les projets de reprise
  8. Améliorer la diffusion de l’information auprès des cédants et des repreneurs, afin de leur permettre une meilleure compréhension des dispositifs et mécanismes existants
  9. Construire un parcours d’accompagnement structuré et ambitieux, pour soutenir les cédants et les repreneurs dans chaque étape de leur projet
  10. Professionnaliser les acteurs de la transmission-reprise et les sensibiliser aux modalités spécifiques de reprise interne, qu’elle soit familiale ou salariale

Focus : Et le Repreneuriat au féminin ?

Moins de 10 % des reprises d'entreprise sont le fait de femmes en France. Pourtant, elles affichent de meilleurs résultats de pérennité que leurs homologues masculins. Par exemple, les micro-entrepreneuses affichent une pérennité à 3 ans supérieure de 6 points à celle des hommes.

  • Plusieurs freins expliquent cette sous-représentation : accès au financement plus difficile, manque de modèles inspirants, stéréotypes persistants sur les secteurs « masculins » et faible visibilité des parcours de réussite féminins. Seulement 19 % des femmes se sentent concernées par l'entrepreneuriat, contre 27 % des hommes.
  • Des solutions existent, comme le développement du mentorat entre femmes entrepreneures, la création de fonds dédiés pour faciliter le financement, la valorisation des parcours de réussite et la sensibilisation dès l'orientation professionnelle. En misant sur les femmes, c'est tout le tissu économique français qui gagnerait en diversité et en innovation.

 

Pour en savoir plus :

 

Rapporteur : Edmond de La Panouse
Expertes : Françoise Arnaud-Faraut, Branka Berthoumieux

novembre 2025

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