Les bulletins de santé des entreprises en France et en Île-de-France - 2025 (OCED)

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BULLETIN DE SANTE
AU 3e TRIMESTRE 2025

Défaillances d'entreprises :
l'Île-de-France plus résistante ?

 

Même si le nombre de défaillances demeure élevé, s’établissant à près de 15 500 à fin septembre sur douze mois glissants, on relève un infléchissement notable de la dynamique.

En effet, depuis octobre 2024, l'augmentation du nombre de procédures collectives ralentit passant de + 44 % au 1er janvier 2025 à + 10 % au 1er avril 2025 et + 5 % au 1er juillet 2025. Cette tendance se poursuit au 3e trimestre 2025 à + 0,2 % au 1er octobre 2025.

Le recours aux procédures amiables, et particulièrement à la procédure de conciliation, croît à + 6 % en glissement annuel au 1er octobre 2025.

 

I - Les ouvertures de procédures collectives en France et en Ile-de-France

A fin septembre, le nombre de défaillances s’élève à 68 227 en cumul sur les douze derniers mois au niveau national et à 15 512 en Île-de-France.

Alors que le nombre des ouvertures de procédures progresse au plan national à + 6 % en glissement annuel au 1er octobre 2025, il se stabilise en Île-de-France à + 0,2 % en glissement annuel au 1er octobre 2025.

Plus précisément :

  • Au plan national, les ouvertures de procédures se situent à + 7 % au-dessus de leurs niveaux les plus hauts de 1993 et de 2009.
  • En Île-de-France, ces ouvertures atteignent quasiment le pic historique de 1993 (- 0,8%) ; elles dépassent le palier atteint en 2009 (de 29 %).

En rythme annuel, la progression des défaillances (en cumul sur douze mois) marque le pas en Île-de-France jusqu’à se stabiliser. Une décélération qui s’observe également au niveau national de manière plus progressive.

Evolution des ouvertures de procédures collectives en France
et en Île-de-France depuis janvier 1998

Graph OCED 1

 

II - Les ouvertures de procédures en Ile-de-France au 30 septembre 2025

Graph OCED 2

 

Sur un an, en glissement annuel au 1er octobre 2025, on continue d’observer en Île-de-France une progression du nombre d’ouvertures de procédures amiables et judiciaires de traitement des difficultés :

  • Le nombre d’alertes du président du tribunal de commerce augmente, à + 9 %. 
  • Le recours aux procédures amiables (mandat ad hoc et conciliation) continue de s’accroître, à + 6 %, plus particulièrement du fait de la hausse des conciliations, à + 15 %.
  • Le nombre de procédures de sauvegarde (+ 54 %) et de redressements judiciaires (+ 8 %) progresse.
  • Après avoir affiché une croissance en perte de dynamisme au 1er trimestre 2025, le nombre de liquidations judicaires recule au 2e (- 3 %) et 3e trimestre (- 5 %) .

Depuis le 1er juillet 2014, date d’entrée en vigueur de l’ordonnance 2014-326 du 12 mars 2014 portant réforme de la prévention des difficultés des entreprises et des procédures collectives, 38 sauvegardes accélérées (SA) et 12 sauvegardes financières accélérées (SFA) ont été ouvertes dans les ressorts des Tribunaux de commerce ou des activités économiques de Paris, Nanterre, Pontoise, Bobigny et Évry ; ces procédures ont abouti à l’arrêt d’un plan dans un délai de 86 jours en moyenne. Depuis novembre 2016, 8 SFA ont également été ouvertes en dehors de la région francilienne ainsi que depuis septembre 2021, 16 SA. Elles ont donné lieu à l’arrêt d’un plan dans un délai moyen de 89 jours. Depuis cette même date, 1337 jugements de clôture de procédures de rétablissement professionnel ont été prononcés en France dont 342 en Île-de-France (186 par les Tribunaux judiciaires de Paris, Versailles, Nanterre, Créteil et Pontoise ; 142 par les Tribunaux de commerce de Paris, Évry, Nanterre, Bobigny, Créteil et Pontoise et 14 par les tribunaux d’activité économique de Nanterre et Versailles).

Ces évolutions s’inscrivent dans un contexte de croissance modeste, d’inquiétudes quant à la dégradation des finances publiques, de tensions géopolitiques et d’un contexte politique national incertain susceptible d’agir sur la confiance des ménages et des entreprises.

  • Facteurs défavorables : repli de l’emploi salarié du secteur privé ; augmentation du taux de chômage (7,6 %), faible dynamisme de la consommation des ménages ; hausse spectaculaire des radiations d’entreprise au 3e trimestre 2025 avec 73 508 radiations enregistrées, soit une augmentation de 25 % par rapport à la même période en 2024 (le volume de l’année 2024 est déjà dépassé en neuf mois !) ; volume très élevé des injonctions de payer témoignant de tensions de trésorerie toujours vives.
  • Eléments positifs : hausse du PIB plus marquée que celle de la zone euro (+ 0,5 %) ; vigueur de la création d’entreprises (145 491 créations d’entreprises au 3e trimestre 2025) ; stabilisation des coûts énergétiques ; accélération des exportations tirées par la hausse des exportations de matériels de transport ; redressement de l’investissement (+ 0,4 %) porté par l’investissement des entreprises ; recul de l’inflation ; stabilité de l’indicateur synthétique de climat des affaires de l’INSEE ; maintien des taux directeurs de la BCE ; évolution de la réglementation sur les délais de paiement au 1er septembre 2025 devant permettre d’améliorer la trésorerie des PME.

 

Evolution des procédures de liquidations judiciaires et des procédures ouvrant une période d'observation (sauvegarde et redressement judiciaire) en Île-de-France depuis janvier 2011

graph3-oced

 

Focus sur l’impact social

  • Les salariés ayant perdu immédiatement leur emploi du fait de la liquidation judiciaire de l’entreprise sont un peu plus de 6 300 sur les 12 derniers mois, pour les ressorts des Tribunaux de commerce ou des activités économiques de Paris, Nanterre et Créteil. Cela représente environ - 22 %, en glissement annuel au 1er octobre 2025. Il est de 27 % supérieur au niveau de fin 2019.
  • Les effectifs salariés susceptibles d’être impactés dans les entreprises en procédure de sauvegarde et de redressement judiciaire diminuent (- 45 % en glissement annuel au 1er octobre 2025), soit un peu plus de 33 000 salariés pour les ressorts des Tribunaux de commerce ou des activités économiques de Paris, Nanterre et Créteil ; ces trois Tribunaux représentant sur la période 30 % des ouvertures de procédures en Île-de-France. Les emplois menacés sont presque 4 fois plus nombreux que fin 2008.
  • Pour les entreprises en procédure amiable (mandat ad hoc et conciliation), le nombre des emplois concernés diminue (+ 27 %, en glissement annuel au 1er octobre 2025). Cela correspond à un peu plus de 218 000 salariés dans les ressorts des Tribunaux des activités économiques de Paris et Nanterre. En lien avec la progression des ouvertures de procédures, ce nombre est là encore 7,5 fois supérieur à celui enregistré fin 2008.

   

Infographie nov 2025

 

Auteur : Aurélie Marseille

 

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