« Notre présence à VivaTech nous a surtout apporté de la visibilité »
Valentin Heuzé, qui a cofondé Revolty en juillet 2024 avec Mathilde Janicot, revient sur son parcours, la genèse de leur startup et ce que lui a apporté sa présence sur le stand de la CCI Paris Ile-de-France à VivaTech.
Quel a été votre parcours jusqu’à la création de Revolty ?
Je suis ingénieur, diplômé de l’ISAE-SUPAERO en 2023, une école spécialisée dans l’aéronautique, le spatial et l’énergie. À l’issue de ce cursus, j’ai poursuivi avec le MSc X-HEC Entrepreneurs, un master d’un an qui réunit des profils ingénieurs, des étudiants d’HEC et d’autres parcours complémentaires, avec un objectif très concret : apprendre à créer une startup en partant du terrain.
C’est dans ce cadre que j’ai rencontré ma cofondatrice, Mathilde Janicot. Nous avons appris à travailler ensemble, à tester des idées, puis à construire progressivement ce qui est devenu Revolty.
Comment avez-vous eu l’idée de créer Revolty ?
L’idée est née d’une double prise de conscience. D’abord, ma conviction personnelle sur la nécessité d’accélérer la transition énergétique, notamment grâce au solaire. Ensuite, mon stage de fin d’études dans une startup de l’économie circulaire des batteries au lithium m’avait déjà sensibilisé au potentiel des batteries de seconde vie.
Avec Mathilde, nous avons identifié un besoin concret : le stockage de l’énergie solaire produite par les particuliers est insuffisamment consommée au bon moment. Il faut savoir que 60 % de l'énergie produite par un foyer équipé de panneaux solaires n'est pas utilisé par le foyer lui-même.
Que vous a apporté le MSc X-HEC Entrepreneurs ?
Sans ce master, je pense que je n’aurais pu lancer Revolty. Sa première force, selon moi, est de permettre de rencontrer ses futurs associés. Avant même de définir précisément le projet, on apprend à travailler ensemble, à vérifier qu’il y a un bon fit humain et entrepreneurial, puis à construire une solution à partir d’un problème réel.
Le master nous a aussi apporté une méthode très concrète, fondée sur le test, l’expérimentation et l’apprentissage par l’action. C’est exactement ce dont nous avions besoin pour faire émerger Revolty. Se lancer dans l’entrepreneuriat sans formation, ni écosystème adapté, est compliqué. Avec ce master, nous avions au contraire un cadre très favorable, à la fois sur la méthode et sur l’environnement.
Pouvez-vous nous expliquer l’activité de Revolty ?
Revolty développe des solutions de stockage résidentiel pour l’énergie solaire. Concrètement, nous fabriquons des batteries qui permettent à un foyer équipé de panneaux solaires de stocker l’électricité produite en journée, puis de la restituer le soir et la nuit, lorsque les besoins sont plus importants.
Notre innovation tient au fait que nous fabriquons ces systèmes à partir de batteries lithium de seconde vie. Nous sommes donc sur une logique de remanufacture et de réemploi, avec une solution fabriquée en France, beaucoup plus sobre en carbone que les batteries neuves importées, tout en répondant aux mêmes exigences de qualité et de certification.
Où en êtes-vous dans le développement de votre produit et de votre entreprise ?
Nous travaillons sur le projet depuis début 2024 et avons créé officiellement l’entreprise en juillet 2024. Le fait d’être sur un projet hardware à échelle industrielle et sur du réemploi rend le projet plus complexe et la mise sur le marché plus longue. Aujourd’hui, nous avons déjà plusieurs générations de prototypes installés en conditions réelles, et nous visons la certification de notre batterie au quatrième trimestre 2026.
Une fois la batterie certifiée, l’idée est de la produire en série à hauteur de 50 unités par mois dès le début 2027. Sur le plan commercial, nous avons identifié une vingtaine de partenaires installateurs de panneaux solaires intéressés par notre solution et constitué un carnet de commandes d’environ 2 millions d’euros. Pour financer cette phase d’accélération, nous avons également bouclé une levée de fonds d’un million d’euros en janvier 2026 auprès de deux accélérateurs Hexa et 50 Partners et d’une vingtaine de business angels dans le secteur de l'énergie.
Que vous a apporté votre présence sur le stand de la CCI Paris Ile-de-France à VivaTech 2025 ?
Notre présence à VivaTech nous a surtout apporté de la visibilité. Notre startup avait déjà quelques mois et il était important pour nous de commencer à faire connaître Revolty auprès d’un public large et de gagner en légitimité. Nous avons rencontré beaucoup de visiteurs, généré du contenu utile pour notre communication et même obtenu plusieurs leads de particuliers intéressés par la solution. Cela nous a permis d’amorcer une première exposition grand public, ce qui est précieux pour une offre comme la nôtre.
Que conseilleriez-vous aux startups qui auront la chance d’être sur le stand cette année ?
Je leur dirais d’être très actives sur le stand. Ne pas attendre passivement que les visiteurs viennent d’eux-mêmes. Sur un salon comme VivaTech, il est souvent plus efficace d’aller chercher les échanges, de créer le contact, de présenter son projet et d’oser la prise de parole. Cette posture proactive peut vraiment faire la différence.