L'Ile-de-France, un territoire attractif pour les entreprises du jeu vidéo
Enjeux Ile-de-France n°269
L’Ile-de-France est la première région française du jeu vidéo : l’Association Française du Jeu Vidéo recense aujourd’hui plus de 300 sociétés spécialisées, soit 42 % des acteurs nationaux, qui emploient plus de 4 000 personnes. La région abrite un écosystème dense qui regroupe tous les types d’acteurs qui interviennent dans la chaine du jeu vidéo.
Une forte densité d’établissements dans la capitale
Paris concentre tout un écosystème créatif et technologique dense autour du jeu vidéo, notamment autour de deux zones : la première, autour de Saint-Lazare (9ème arrondissement), la deuxième, dans le 19ème arrondissement, regroupe plutôt des acteurs du jeu sur console ou pc, notamment autour du quartier Rosa Parks.
Plusieurs pôles en petite couronne, notamment autour de Montreuil
Les Hauts-de-Seine offrent également un environnement attractif avec des prix de l’immobilier plus accessibles ; on peut identifier un pôle à La Défense et dans l’ouest parisien ; un troisième pôle régional peut être identifié autour de Montreuil et de l’est parisien, à la fois en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne.
Des modèles économiques en perpétuelle évolution
Le jeu vidéo est un marché dans lequel plusieurs modèles économiques cohabitent : le plus courant est le paiement à l’achat des jeux vidéo (sans contenu additionnel), utilisé par 44 % des éditeurs devant le paiement à l’achat avec du contenu additionnel (25 %) qui permet au joueur de personnaliser des éléments du jeu.
Le marché mondial du jeu vidéo arrive aujourd’hui à maturité et les entreprises du secteur visent désormais à fidéliser les joueurs, développer les possibilités de jouer sur plusieurs appareils et à déployer une politique de monétisation à long terme.
Après la crise sanitaire, une période de fortes turbulences
A ces années fastes a donc succédé une période plus délicate : les financements, des banques comme des fonds d’investissement, sont devenus beaucoup plus difficiles à obtenir. Le rythme des acquisitions a donc ralenti, les groupes qui avaient accumulé trop de dettes se sont retrouvés en difficulté et les petites et moyennes structures ont eu plus de mal à trouver des fonds. Les entreprises du jeu vidéo sont alors entrées dans une phase d’austérité, qui a touché l’ensemble des acteurs.
Un secteur en manque de financements
Le modèle économique du jeu vidéo fonctionne selon le schéma suivant : le donneur d’ordres, c’est-à-dire l’éditeur, finance un studio pour le développement d’un jeu ; lors de la commercialisation du jeu, c’est lui qui engrange la plus grosse partie des revenus, au titre du risque financier qu’il a assumé seul. Mais les grands éditeurs sont peu nombreux.
Un soutien public apprécié et indispensable
Situé au croisement des industries technologiques et culturelles, l’industrie du jeu vidéo peut bénéficier de dispositifs de soutien public issus de ces deux domaines.
L’IA, une innovation abordée avec prudence
Les entreprises du jeu vidéo, rompues aux nouvelles technologies, auraient déjà pu s’emparer massivement des outils d’intelligence artificielle. Pourtant le Syndicat National du Jeu Vidéo observe dans son Baromètre 2024 que l’usage de l’IA reste principalement cantonné à la préproduction, au prototypage ou à l’assistance sur des tâches précises. En effet les producteurs de jeu vidéo, bien que conscients des gains de productivité possibles via ces outils, restent réservés sur leur usage en raison d’une trop grande incertitude juridique. Surtout, studios et éditeurs considèrent que le risque juridique est trop élevé sur les questions relatives à la propriété intellectuelle, l’originalité des créations et les droits d’auteur.
Pour en savoir plus :
Organismes professionnels
- SNJV – Syndicat National du Jeu Vidéo
- AFJV – Agence Française pour le Jeu Vidéo
- Capital games (157 boulevard Macdonald 75019 Paris)
Revues professionnelles, études sectorielles
- Jeux Vidéo Magazine
- Canard PC
- JV – Le Mag
- L’industrie du jeu vidéo en France, Xerfi, janvier 2025
Rédactrices :
- Bénédicte Gualbert, Responsable d'études au CROCIS
- Lisa Wolff, Géomaticienne, CCI Paris Ile-de-France
Le CROCIS remercie David Rabineau, Président de Capital Games
Février 2026
