Flash de conjoncture
Eléments de conjoncture francilienne - Dernières données disponibles au 26 juin 2026
En Ile-de-France, l’activité pâtit à la fois des tensions géopolitiques, de l’incertitude économique et commerciale au plan mondial et des difficultés à redresser les finances publiques en France. Par conséquent, le nombre de défaillances d'entreprises recensées dans la région reste très supérieur à ses niveaux d’avant la crise sanitaire, le taux de chômage en Ile-de-France est désormais très proche de celui observé en France métropolitaine, etc.
Créations d’entreprises
Au premier trimestre 2026, le nombre de créations d’entreprises en Ile-de-France s’est élevé à 95 836, soit une hausse de 12,6 % par rapport au premier trimestre 2025 ; les créations d’entreprises « classiques » et le nombre de nouveaux micro-entrepreneurs ont contribué à cette augmentation marquée (respectivement + 9,1 % et + 14,8 %). Au plan national, le nombre total de créations d’entreprises (335 406 au premier trimestre 2026) a crû de 13,3 % sur un an.
Défaillances d’entreprises
4 487 défaillances d'entreprises ont été recensées en Ile-de-France au premier trimestre 2026, soit une hausse de 7,6 % par rapport à la même période de 2025 ; le volume de défaillances cumulé dans la région sur les douze derniers mois s’est ainsi élevé à près de 16 500 et s’est avéré supérieur de 45,2 % à celui de 2019 (dernière année avant la crise sanitaire). Au plan national, la tendance est assez similaire : l’augmentation des défaillances d’entreprises a atteint 7,4 % en glissement annuel au premier trimestre 2026 et le cumul d’avril 2025 à mars 2026 a été supérieur de 36,7 % au total de 2019.
Taux de chômage
Après avoir atteint jusqu’à 8,2 % au plus fort de la crise sanitaire, le taux de chômage francilien s’est ensuite réduit jusque début 2023 (6,7 % au premier trimestre 2023). Il est ensuite reparti à la hausse pour atteindre 7,2 % fin 2023 avant de se montrer hésitant en 2024. Dès le début de 2025, son évolution est redevenue haussière et il s’est élevé à 7,9 % au premier trimestre 2026. Parallèlement, le taux de chômage s’est aussi élevé à 7,9 % en France métropolitaine début 2026 ; ainsi, le taux francilien est égal à celui observé en France métropolitaine alors que l’écart entre eux était encore de 0,7 point, au profit de la régioncapitale, avant la pandémie.
Emploi salarié privé
Après le coup de frein lié à la crise sanitaire (plus de 56 500 unités perdues en 2020), l’emploi salarié privé en Ile-de-France a repris sa marche en avant dès le début de 2021. Ce mouvement haussier a été vigoureux jusque fin 2022 (+ 32 159 emplois sur trois mois au quatrième trimestre 2022) avant de se modérer (+ 32 139 emplois sur douze mois au premier trimestre 2024) ; le volume d’emploi salarié privé dans la région est désormais stable (5 150 146 au premier trimestre 2026 contre 5 161 775 à l’été 2024, soit un repli cantonné à 0,2 %). En France métropolitaine, l’emploi salarié privé évolue un ton en-deçà : il s’est ainsi réduit de 0,5 % depuis l’été 2024 et est supérieur de 5,0 % à son niveau de la période ayant précédé la pandémie tandis que la hausse par rapport à ce même point s’élève à 5,5 % dans la région-capitale.
Immobilier d’entreprises
La demande placée de bureaux en Ile-de-France s’est élevée à seulement 367 700 m² au premier trimestre 2026, soit 14,7 % de moins qu’au premier trimestre 2025 et - 33,6 % par rapport à la même période de 2019. Ainsi, sur les douze derniers mois (i.e. d’avril 2025 à mars 2026), le volume de commercialisations de bureaux dans la région (1 605 900 m²) est resté, hors pandémie, au plus bas depuis 2002.
Fréquentation hôtelière
L’épidémie de Covid-19 a provoqué une décélération marquée de la fréquentation hôtelière en Ile-de-France ; ainsi, en 2020, le volume de nuitées dans les hôtels franciliens a chuté de 67,9 % par rapport à 2019. L’Ile-de-France est ensuite restée longuement affectée par la crise sanitaire. Il a ainsi fallu attendre fin 2022 – début 2023 pour voir le nombre de nuitées hôtelières dans la région retrouver ses niveaux de 2019 avant d’être de nouveau à la peine de l’automne 2023 à l’été 2024 ; désormais, la fréquentation hôtelière a retrouvé de la vigueur : elle s’est élevée à 72,7 millions de nuitées en 2025 (contre 67,9 en 2024 et 70,7 en 2019) et est restée favorablement orientée au premier trimestre 2026 (+ 3,5 % en glissement annuel).
Trafic passagers de Paris Aéroport
La tendance favorable observée jusqu’en 2019 pour le trafic passagers de Paris Aéroport s’est brutalement interrompue lors de la pandémie de Covid-19 (- 69,4 % sur l’ensemble de 2020 par rapport à 2019). En 2021, le nombre de passagers à d’Orly et Roissy a commencé à se redresser pour atteindre 41,9 millions (contre 33,1 millions en 2020 mais 108,0 en 2019). Le rebond se poursuit depuis (86,7 millions en 2022, 99,7 en 2023 et 103,4 en 2024) mais reste incomplet (107,0 en 2025). En 2026, après de très solides mois de janvier et février, le trafic de Paris Aéroport a marqué le pas à partir de mars dans un contexte marqué par le conflit au Moyen-Orient ; ainsi, sur les cinq premiers mois de l’année, il est certes resté en avance par rapport à 2025 (+ 1,4 %) mais s’est trouvé en léger retrait par rapport à 2019 (- 0,4 %).
[ Dernières informations concernant la France ]
Après avoir crû de 1,6 % en 2023, puis de 1,5 % en 2024, le PIB hexagonal a augmenté de seulement 0,8 % en 2025. Trimestriellement, la croissance a été de + 0,1 % au premier trimestre, de + 0,3 % au deuxième, de + 0,4 % au troisième et de + 0,2 % au quatrième ; début 2026, le PIB a encore plus nettement marqué le pas (- 0,1 %). Dans ce contexte, le taux de chômage en France métropolitaine s’est fixé à 7,9 % au premier trimestre 2026, soit 1,0 point de plus que lors de son dernier point bas du premier trimestre 2023 ; parallèlement, le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité (catégorie A) en France métropolitaine s’est parallèlement élevé à 3,10 millions d’unités en avril 2026, soit 2,8 % de plus qu’au cours du même mois de 2025.
Auteur : Mickaël LE PRIOL
Juin 2026




