Flash de conjoncture
Eléments de conjoncture francilienne - Dernières données disponibles au 12 mars 2026
En Ile-de-France, l’activité pâtit à la fois des tensions géopolitiques, de l’incertitude économique et
commerciale au plan mondial et des difficultés à redresser les finances publiques en France. Par
conséquent, le nombre de défaillances d'entreprises recensées dans la région reste très supérieur à ses
niveaux d’avant la crise sanitaire, le taux de chômage en Ile-de-France est désormais supérieur à celui de
la France métropolitaine, etc.
Créations d’entreprises
Au quatrième trimestre 2025, le nombre de créations d’entreprises en Ile-de-France s’est élevé à 89 855, soit une hausse de 12,2 % comparativement au même trimestre de 2024 ; à la fois le nombre de nouveaux micro-entrepreneurs dans la région (+ 14,1 %) et les créations d’entreprises « classiques » (+ 9,1 %) ont été orientés favorablement. Sur l’ensemble de 2025, le nombre total de créations d’entreprises en Ile-de-France a dépassé les 330 000 (333 458, soit + 6,7 % par rapport à 2024).
Défaillances d’entreprises
4 514 défaillances d'entreprises ont été recensées en Ile-de-France au quatrième trimestre 2025, soit une hausse de 3,7 % en glissement annuel ; malgré cette augmentation limitée, le volume de défaillances cumulé dans la région sur l’ensemble de 2025 s’est avéré supérieur de 42,5 % à celui de 2019 (dernière année avant la crise sanitaire). Au plan national, la tendance est similaire : la remontée des défaillances d’entreprises s’est également assagie (+ 1,2 % au quatrième trimestre 2025 par rapport au même trimestre de 2024) tandis que le cumul sur l’ensemble de l’année a été supérieur de 34,1 % à celui de 2019.
Taux de chômage
Après avoir atteint jusqu’à 8,2 % au plus fort de la crise sanitaire, le taux de chômage francilien s’est ensuite réduit jusque début 2023 (6,7 % au premier trimestre 2023). Il est ensuite reparti à la hausse pour atteindre 7,2 % fin 2023 avant de se montrer hésitant en 2024. En 2025, son évolution est redevenue haussière et il s’est élevé à 7,6 % au troisième trimestre 2025. Le taux de chômage s’est élevé à 7,5 % en France métropolitaine au cours de l’été 2025 ; ainsi, le taux francilien est désormais supérieur à celui de la France métropolitaine alors que l’écart entre eux était encore de 0,7 point au profit de la région-capitale avant la pandémie.
Emploi salarié privé
Après le coup de frein lié à la crise sanitaire (- 57 900 unités perdues en 2020), l’emploi salarié privé en Ile-de-France a repris sa marche en avant dès le début de 2021. Ce mouvement haussier a été vigoureux jusque fin 2022 (+ 30 558 emplois sur trois mois au quatrième trimestre 2022) avant de se modérer (+ 29 079 emplois sur douze mois au troisième trimestre 2024) ; le volume d’emploi salarié privé dans la région s’est même replié de 0,3 % sur un trimestre fin 2024 avant de n’augmenter que de 0,1 % au cours des neuf premiers mois de 2025. En France métropolitaine, l’évolution de l’emploi salarié privé est légèrement moins favorable que celle observée en Ile-de-France : - 0,1 % sur les neuf premiers mois de 2025 et + 5,3 % par rapport la période ayant précédé la pandémie (contre + 5,8 % dans la région-capitale).
Immobilier d’entreprises
La demande placée de bureaux en Ile-de-France s’est élevée à 436 000 m² au quatrième trimestre 2025, soit - 11,1 % par rapport au quatrième trimestre 2024 et - 36,9 % par rapport à la même période de 2019. Ainsi, sur l’ensemble de l’année écoulée, le volume de commercialisations de bureaux dans la région (1 638 100 m²) s’est trouvé, hors pandémie, au plus bas depuis 2002.
Fréquentation hôtelière
L’épidémie de Covid-19 a provoqué une décélération marquée de la fréquentation hôtelière en Ile-de-France ; ainsi, en 2020, le volume de nuitées dans les hôtels franciliens a chuté de 67,9 % par rapport à 2019. L’Ile-de-France est ensuite restée longuement affectée par la crise sanitaire avant que, de mi-2022 à mi-2023, le nombre de nuitées hôtelières dans la région retrouve et même dépasse ses niveaux de 2019. Toutefois, la fréquentation hôtelière a de nouveau été à la peine en Ile-de-France de l’automne 2023 à l’été 2024 avant de se redresser ensuite ; elle a ainsi atteint 72,7 millions de nuitées en 2025, contre 67,9 millions en 2024 (soit + 7,0 %) et contre 70,7 millions en 2019 (soit + 2,8 %).
Trafic passagers de Paris Aéroport
La tendance favorable observée jusqu’en 2019 pour le trafic passagers de Paris Aéroport s’est brutalement interrompue lors de la pandémie de Covid-19 (- 69,4 % sur l’ensemble de 2020 par rapport à 2019). En 2021, le nombre de passagers à d’Orly et Roissy a commencé à se redresser pour atteindre 41,9 millions (contre 33,1 millions en 2020 mais 108,0 millions en 2019). Le rebond se poursuit depuis (86,7 millions en 2022, 99,7 millions en 2023 et 103,4 millions en 2024) mais reste incomplet : en 2025, le trafic de Paris Aéroport sur l’ensemble de l’année est resté inférieur à celui de 2019 (- 1,0 %) ; l’année 2026 a débuté sur des bases solides, le trafic de janvier ayant dépassé celui de janvier 2019 de 1,2 %.
[ Dernières informations concernant la France ]
Après avoir crû de 1,6 % en 2023, puis de 1,1 % en 2024, le PIB hexagonal a augmenté de seulement 0,9 % en 2025 ; trimestriellement, la croissance a été de + 0,1 % au premier trimestre, de + 0,3 % au deuxième, de + 0,5 % au troisième et de + 0,2 % au quatrième. Dans ce contexte, le taux de chômage en France métropolitaine s’est fixé à 7,7 % au quatrième trimestre 2025, soit 0,8 point de plus que lors de son dernier point bas du premier trimestre 2023 ; malgré tout, le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité (catégorie A) en France métropolitaine s’est parallèlement élevé à 3,09 millions d’unités en janvier 2026, soit 1,9 % de moins qu’au cours du même mois de 2025.
Auteur : Mickaël LE PRIOL
Mars 2026