Mobilité domicile-travail des salariés en Ile-de-France

Quels leviers pour les entreprises ?

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La mobilité domicile-travail est le premier motif de déplacement en Île-de-France, avec 39 % des trajets quotidiens. Malheureusement, il n'est pas toujours évident de rejoindre son lieu de travail sans encombre. Salariés comme entreprises ont ici des attentes complémentaires, voire identiques : fluidité, rapidité, fiabilité mais aussi coût abordable et sécurité. Alors, comment optimiser ces déplacements au bénéfice de tous ? La CCI Paris Île-de-France a compilé les améliorations possibles dans un rapport très complet.

 

Les enjeux de la mobilité des salariés pour les entreprises

Pour les entreprises, la mobilité des salariés est d’abord un enjeu de compétitivité économique car un collaborateur qui se rend et quitte son lieu de travail dans de bonnes conditions, en limitant le retard et le stress, gagne en productivité. Encore faut-il réussir à embaucher : 1/3 des entreprises rencontrant des difficultés de recrutement pointent comme raison le manque d’accessibilité en transport en commun !

C’est ensuite un enjeu environnemental (le secteur des transports est le premier responsable des émissions de polluants en Île-de-France, avec 31 % du CO2 rejeté et 56 % du dioxyde d’azote) ainsi qu’un enjeu sociétal et de responsabilité des entreprises.

Conforter l'offre de transports en commun

Les transports en commun sont le premier mode de transport utilisé par les salariés pour se rendre sur leur lieu de travail en Île-de-France. Le pic de 4,6 Md de passagers a été atteint en 2019 ; la crise Covid, les dysfonctionnements du réseau ainsi que la hausse du télétravail ont fait tomber ce chiffre qui aura mis près de 5 ans à retrouver un niveau équivalent (4,5 Md de voyageurs en 2025).  

Les employeurs contribuent au financement de la moitié des coûts de fonctionnement des transports en commun en Île-de-France via le versement mobilité et ils prennent en charge la moitié des abonnements de transport en commun de leurs salariés Or, la qualité de service demeure inégale. La ponctualité, l’accessibilité, la sécurité, le confort ainsi que la propreté soulèvent encore des difficultés sur plusieurs lignes. Sans compter la problématique spécifique des salariés en horaires décalés, qui peinent à trouver des solutions adaptées la nuit.

 

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Certes, l’offre se recompose avec de nouvelles lignes et prolongements, notamment dans le cadre du Grand Paris Express. Mais les retards s’accumulent, au détriment -entre autres- des entreprises qui ont parfois déménagé et/ou engagé des investissements lourds afin de se préparer à l’arrivée de la nouvelle offre.

Par ailleurs, la grande couronne reste largement oubliée des projets alors même que 70 % de ses zones d'emploi ne sont pas desservies par un transport structurant. Comment y remédier ? En optimisant l’offre routière en grande couronne par une préférence donnée aux cars express et en donnant plus d’importance aux critères d’accessibilité des zones d’emploi dans la priorisation des futurs projets de transport lourds.

De leur côté, les employeurs œuvrent également en faveur de l'optimisation des déplacements de leurs salariés et de l'encouragement de l’usage des transports en commun (télétravail, aménagement des horaires, communication).

   

Poursuivre la transformation des mobilités routières

L'automobile demeure incontournable en Île-de-France, en particulier pour les habitants de la grande couronne qui en sont les principaux utilisateurs pour leurs trajets domicile-travail (57,7 % d’entre eux). Or, la congestion routière et l’état du réseau routier affectent les déplacements au quotidien, engendrant des pollutions et des coûts importants en temps perdu pour les entreprises.

Le stationnement des salariés motorisés se complexifie également : réglementation croissante des places en entreprise et manque d'espaces en zones urbaines denses. Heureusement, des pistes existent pour y remédier comme la multiplication des parkings relais ainsi que des tarifs préférentiels à destination des salariés en horaires décalés

Parallèlement, il faut poursuivre la transition des mobilités routières en clarifiant et stabilisant les dispositifs en faveur de l’achat et de la location de véhicules à faibles émissions. Concernant l'Île-de-France plus spécifiquement, il est nécessaire d'offrir de la visibilité aux entreprises, comme aux particuliers, sur les dispositifs de restrictions de circulation (ZFE-m, ZTL, etc.).

 

Infographie déplacements

 

Accompagner l'essor des mobilités alternatives

L’usage des mobilités alternatives est en augmentation ces dernières années. Préoccupations environnementales et sanitaires, inquiétudes sur le pouvoir d'achat (exacerbées par les tensions inflationnistes récentes) et développement du télétravail ont pesé sur les changements de choix modaux de nombre de salariés.

  • Le vélo progresse fortement, en partie grâce au développement d'aménagements ad hoc (le nombre de voies cyclables a doublé dans la région depuis 2018), mais la pratique reste freinée par des infrastructures inégales, un stationnement et une sécurité insuffisants. Sur ce dernier point, beaucoup d’entreprises observent une sur-accidentalité chez les salariés cyclistes. Pourtant, créer un cadre favorable à la pratique du vélo par les salariés est possible. À condition de prioriser la résolution des discontinuités d’itinéraires cyclables vers les principales zones d’emploi, d’accroître l’offre publique de stationnement vélo et de faciliter le déploiement de services de vélos partagés dans les zones d’emploi.  
  • Le covoiturage bénéficie d'un encouragement fort par la Région. Cette mutualisation des usages automobiles contribue à la rationalisation et à la décarbonation des mobilités routières. Elle doit être encouragée auprès des entreprises.

Du côté de l'accompagnement des salariés, le Forfait mobilités durables (FMD) reste largement méconnu par les entreprises. Ainsi, seule une proportion limitée y a recours (moins de 20 % en Île-de-France). Il faut renforcer l’information des employeurs sur ce dispositif et le rendre plus opérationnel en encourageant l’utilisation du « titre mobilité » afin de simplifier sa gestion.

 

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