Création d'entreprise

Guillaume Perret du Cray, CEO de Reekom : un entrepreneur Made in Ile-de France !

Entrepreneur de l'année Made in IdF Entrepreneur de l'année Made in IdF

Créée en 2021, Reekom a pour mission d’aider les marques et les retailers à revaloriser leurs produits défectueux. Lauréat “Entrepreneur de l’année” du prix Made in Ile-de-France 2026, Guillaume Perret du Cray revient sur son parcours, l’accompagnement de la CCI et le développement de Reekom.

Comment est née l’idée de Reekom ?

J’ai travaillé pendant une dizaine d’années sur des sujets liés aux opérations, à la logistique et à la supply chain, pour de grands groupes, comme Unilever ou Veepee, ou pour de plus petites structures.

L’idée est née chez Veepee, où je travaillais notamment sur les retours e-commerce et plus particulièrement sur les produits retournés avec des défauts : un bouton manquant, une tâche, un problème d’emballage… Je me suis rendu compte de la quantité de produits concernés par ces défauts alors que, techniquement, ils étaient encore très bons. J’ai donc décidé de créer Reekom pour aider à les revaloriser et leur donner une deuxième vie.

Concrètement, en quoi consiste l’activité de Reekom ?

Reekom aide les marques et les retailers à se lancer dans l’économie circulaire avec une approche très opérationnelle. Nous disposons d’une usine de revalorisation de 3 500 m² à La Courneuve. Nous y revalorisons des produits défectueux, issus principalement de la mode — prêt-à-porter, chaussures, maroquinerie — mais aussi d’autres objets, comme du mobilier ou de la literie.

L’idée est de construire une solution industrielle et rentable pour des produits qui étaient auparavant considérés comme des déchets. Nous facturons nos clients – une quarantaine à date – de nos prestations de revalorisation : nettoyage, réparation, désinfection, prise de photos, ou autre intervention nécessaire. La mode représente une grande partie de notre chiffre d’affaires, avec des marques comme Vanessa Bruno, Ba&sh, Bonne Gueule ou encore Figaret.

Comment la CCI vous a-t-elle aidé à développer votre entreprise ?

La CCI nous a soutenus en facilitant les mises en relation, en renforçant notre visibilité et en nous apportant des conseils. La présidente de la CCI Seine-Saint-Denis, Danièle Dubrac, suit Reekom avec intérêt. Avec ses équipes, elle nous a proposé de participer à des concours, des pitchs, des rencontres avec d’autres entreprises ou des metteurs sur le marché. Cela nous a permis de faire connaître Reekom, de présenter ce que nous sommes capables de faire sur le territoire et d’ouvrir des discussions avec des acteurs économiques.  

Nous sommes par exemple en discussion avec Aéroports de Paris, qui a des sujets autour de la revalorisation de ses produits. La CCI a joué un rôle pour initier et faire avancer ce type d’échanges. Plus largement, elle nous aide à nous faire connaître et à développer notre réseau commercial.

La CCI nous propose aussi des accompagnements très pratiques sur des sujets d’entreprise : des formations, de la veille juridique et réglementaire, ou encore des conseils sur des sujets comptables. Ce sont des services de proximité, concrets et adaptés aux entreprises du territoire.

Quelles sont les prochaines étapes pour Reekom ?

Notre premier enjeu est de continuer à faire croître nos volumes. Aujourd’hui, nous traitons environ 30 000 pièces par mois. Notre objectif est d’atteindre entre 70 000 et 90 000 pièces dans les 18 prochains mois. Nous voulons aussi adresser de nouveaux types d’acteurs, toujours dans le retail, mais sur d’autres catégories de produits, comme le sport ou l’outdoor.

Enfin, nous regardons l’international. Nous avons construit en France un outil industriel puissant pour revaloriser des produits considérés comme des déchets. Désormais, l’objectif est d’accompagner les marques sur leur marché secondaire, y compris au-delà du marché français.

Que représente pour vous le prix "Entrepreneur de l’année Made in Ile-de-France" que vous venez de recevoir ?

C’est avant tout une reconnaissance, pas seulement pour moi, mais pour l’entreprise et pour ses 40 salariés. Chaque jour, ils participent aux opérations de revalorisation et rendent concret ce que l’on peut éviter comme gaspillage sur le territoire. C’est aussi un signal envoyé au marché : l’économie circulaire, et plus encore son exécution opérationnelle, est un sujet reconnu, légitime et au cœur des préoccupations.

Dans notre mission, nous avons également une dimension sociale forte : donner une seconde vie aux objets, mais aussi une seconde chance aux Hommes. Par le travail et par la revalorisation, nous voulons en effet contribuer à réinsérer des personnes éloignées de l’emploi. Ce prix est donc aussi une reconnaissance de cette mission sociale locale, non délocalisable, que nous sommes capables de porter.

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