N’oubliez pas la consigne ! Témoignage de Juliette Francequin, créatrice de l’épicerie phygitale Rue Juliette

Après un long parcours dans l’univers des startups et des technologies, puis un tour du monde en guise de break, Juliette Francequin a choisi de prendre un nouveau départ en créant Rue Juliette, un nouveau concept d’épicerie phygitale qui fait la part belle aux emballages consignés pour lutter contre les déchets. Un projet développé avec l’appui de Incuba’School.

« C’est une vraie reconversion » souligne Juliette Francequin. « J’ai beaucoup travaillé dans l’univers des startups, chez Allo Ciné où je suis restée 7 ans, et en participant à l’aventure Molotov TV ou dans le secteur IT pendant 11 ans. Je me suis pas mal amusée sur le plan professionnel mais en 2018, nous avons décidé, mon conjoint et moi, de prendre une pause dans notre carrière pour faire un tour du monde. »

Un voyage au long cours qui a contribué à faire émerger le projet Rue Juliette : « Au-delà de la beauté de la nature, ce qui nous a aussi interpellé, c’est la quantité de déchets que l’on voyait un peu partout sur la planète. Cela m’a donné l’envie de faire quelque chose qui ait un sens pour moi, de me lancer dans un projet entrepreneurial axé sur la réduction des déchets et d’apporter, à ma façon, une contribution à la préservation de l’environnement. »  

Le meilleur déchet, c’est celui qui n’existe pas

De retour en France, notre globetrotteuse potasse son sujet, se renseigne sur la gestion des déchets et sur le recyclage dont elle perçoit assez vite les limites en termes d’impact : « Je me suis donc dit que l’on pouvait aussi travailler sur le dernier maillon de la chaîne en proposant aux gens des solutions pratiques pour les aider à faire leurs courses sans déchets. En espérant ainsi influer sur leur façon d’appréhender leur rapport à l’environnement. Le pari, c’était de se dire : le meilleur déchet, c’est celui qui n’existe pas !

En étudiant la question, je me suis rendu compte qu’il y avait déjà pas mal d’initiatives dans ce domaine. J’ai  ensuite rejoint le réseau Vrac qui regroupe des porteurs de projet et des entrepreneurs qui ont déjà mis en place des épiceries ou des drive « vrac », un écosystème très intéressant sur le plan des contacts. »
 

                                                                                                             
Incuba’School m’a permis d’affiner mon projet

Juliette Francequin s’est aussi tournée vers Incuba’School, l’incubateur des écoles de la CCI Paris Île-de-France, pour avancer sur son projet. « J’ai découvert l’incubateur lors d’une rencontre Open Incuba’School. Ce qui m’a séduite d’emblée, c’est la grande diversité des profils des participants. On y retrouve aussi bien des jeunes de 25 ans que des cadres de 50 ans avec des parcours très variés dans lesquels je me reconnaissais totalement.

Mon projet n’étant pas encore totalement figé, j’ai commencé par intégrer le programme Tester votre business. J’ai pu affiner mon positionnement à partir de mon objectif central  - jouer un rôle dans la réduction des déchets - et définir ce qui pouvait être un début d’organisation et de business plan. J’ai ensuite enchainé sur le programme Concrétiser votre business proposé par l’incubateur. Cela m’a permis de faire avancer mon idée à bon rythme, de rester dans une dynamique entrepreneuriale malgré le COVID et surtout, de ne pas me retrouver seule face à mon projet. Avec ce programme, on aborde aussi en profondeur des sujets que l’on a parfois tendance à survoler dans un processus de création. »

Le vrac en toute simplicité

Le principe de Rue Juliette ? Aider les consommateurs à réduire leurs déchets en se tournant vers le vrac et ce, de façon très pratique grâce à un système de consigne au niveau de l’emballage et un circuit de distribution adapté. « De nombreux consommateurs hésitent à se tourner vers le vrac.  Ils n’ont pas envie d’encombrer leur cuisine de bocaux à confiture et de passer du temps à les remplir lorsqu’ils vont faire leur course.  J’ai donc voulu gommer tous ces freins en proposant une solution basée sur la consigne. Le principe : je vous délivre vos commandes dans de jolis contenants en verre ou en tissu que je récupère ensuite lors de vos prochains achats. » 

L’autre avantage, c’est de proposer un large choix au niveau de la livraison. « Au départ, mon projet était exclusivement axé sur un site de e-commerce avec de la livraison à domicile au départ de Paris. Je me suis rendu compte que certains consommateurs préféraient récupérer leurs achats à proximité de leur lieu de travail plutôt que chez eux,  en « drive piéton » dans un point de retrait.

Partant de là, j’ai voulu proposer un endroit où l’on pourrait directement récupérer ses achats commandés en ligne, mais aussi faire ses courses comme dans n’importe quelle épicerie. Ce point de vente physique va nous permettre par la même occasion d’être en contact direct avec nos clients et de mieux cerner leurs attentes. On pourra aussi y organiser des ateliers pour sensibiliser par exemple les scolaires à la gestion des déchets. » 

Rue Juliette proposera de préférence à sa clientèle des produits locaux, de saison, bio ou issus de l’agriculture raisonnée. Et pour rester sur cette note éthique et responsable, l’entreprise a choisi également de faire travailler des populations fragiles ou en situation de handicap pour préparer et conditionner les commandes. « Nous avons noué un partenariat avec l’ANRH et c’est d’ailleurs dans le local de cette association, situé dans le 13e à Paris, que nous ouvrons cette première épicerie. »

Emballant, non ?


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Le 05/10/2020