Création d'entreprise

« J’ai créé Plast'if pour faire du recyclage local »

Plast'if - Cassandra Delage - Desktop Plast'if - Cassandra Delage - Mobile

A 24 ans, Cassandra Delage a créé Plast'if. La startup a conçu une borne qui trie et recycle le plastique grâce à une imprimante 3D intégrée. Entretien avec sa fondatrice.

Comment vous est venue l’idée de Plast'if ?

En travaillant dans de grands groupes français et en discutant avec les salariés, je les entendais dire « Je vois les personnes du ménage qui mettent tout dans la même poubelle, pourquoi est-ce que je recyclerais ? » Ce qu'ils sous-entendaient, c'est qu'ils ne voyaient pas l’impact de leurs actions. De plus, jusqu'à il y a quelques années, on voyait les déchets plastiques finir en Asie. L’idée est donc née de mes échanges sur le recyclage.

En novembre 2017, j’ai créé Plast'if pour faire du recyclage local. La machine 3D trie tous les déchets plastiques, les transforme et imprime en 3D de nouveaux produits. Concrètement, un catalogue, différent selon l’implantation de la machine, s’affiche sur l’écran tactile de l’imprimante.

Dans les entreprises, il propose une sélection d’objets qui ont du sens pour les salariés, tels que des objets pour améliorer leur ergonomie, du mobilier pour les salles de réunion... Nous ne proposons en revanche aucun goodies ou objets susceptibles de finir à la poubelle. Dans les supermarchés, nous proposons des objets destinés à l’une de nos 20 associations partenaires –les Blouses roses, les Apprentis d’Auteuil…– afin de donner un côté sociétal en plus de l’impact écologique au recyclage.

Quel a été votre parcours avant de créer Plast'if ?

A 16 ans, j’ai monté une première entreprise à Montréal, une plateforme pour personnaliser son vélo. J’ai néanmoins continué mes études en cherchant une activité qui aurait un impact direct du point de vue environnemental ou sociétal.

Après l’obtention d’un bachelor en business à l’université McGill au Canada, je suis partie en France pour faire un master d’entrepreneuriat à HEC. Une formation qui m’a notamment appris les rouages de la création d’entreprise dans l’Hexagone. Cela m’a en outre permis de rejoindre plusieurs communautés et de me faire un réseau car je ne connaissais personne en France.

Pour le reste, si l’on apprend la théorie du monde entrepreneurial en cours, c’est sur le terrain que l’on se forme et se forge.

Quelles aides avez-vous reçues ?

Le fait d’appartenir à différentes communautés –Live for good, Réseau Entreprendre, Moovjee– constitue une vraie valeur ajoutée. Elles m’ont apporté plusieurs outils et leviers : du financement, un accès à des communautés d’entrepreneurs et à des mentors. C’est très enrichissant de pouvoir échanger régulièrement avec eux.

Les mentors que nous avons eus à différentes périodes de la vie de l’entreprise nous ont énormément appris. Par ailleurs, rencontrer d’autres entrepreneurs qui en sont plus ou moins au même stade que vous permet de recueillir des conseils et d’échanger sur différents aspects.

Enfin, étant lauréats de ces différents réseaux, ils nous ont aidés financièrement, ce qui est essentiel pour développer une entreprise de hardware comme la nôtre. Nous avons également reçu des prêts et subventions de Bpifrance et de la Région Ile-de-France.

A quelles difficultés avez-vous été confrontée ?

En tant qu’entrepreneure, on est tous les jours face à de nouveaux challenges. Mais on ne dispose pas de toutes les compétences nécessaires, on ne peut pas tout savoir. Etre accompagnée et bien entourée est une aide précieuse pour la santé à la fois de l’entreprise et de l’entrepreneure. Mon associé, rencontré via mon réseau, m’a rejoint au bout de six mois. Il est indispensable de pouvoir s’appuyer sur quelqu’un pour régler les problèmes du quotidien.

Avec son profil de designer industriel, il m’a aidée à développer la machine et s’occupe de la partie produit. Notre plus grand challenge a été de la mettre en moins d’un an sur le marché pour pouvoir générer rapidement du chiffre d’affaires et s’autofinancer. Personne n’étant capable de créer notre technologie, nous avons dû beaucoup investir en recherche et développement et la faire breveter.

Faire de la R&D est un vrai challenge car cela demande à la fois du temps, des compétences humaines et technologiques et beaucoup de financements. Il faut tester pour toujours améliorer le processus et trouver des solutions lorsque cela ne fonctionne pas.

Où en est l’entreprise aujourd’hui ?

Avec nos 15 salariés, nous avons installé nos bornes dans les entreprises, administrations et supermarchés de trois villes en France pour que les salariés et les clients y déposent leurs déchets en plastique. Nous sommes en quête continuelle d’amélioration et travaillons en mode itératif. Nous attendons beaucoup des retours utilisateurs et échangeons chaque semaine avec nos clients pour faire un suivi et s’assurer de leur satisfaction. Sachant que la plupart de nos clients viennent à nous par le biais du bouche à oreille.

Nous sommes en train de concevoir une nouvelle version plus grande de notre machine destinée aux entrepôts pour leur permettre de recycler tous les films plastiques de la supply chain et d’imprimer des objets 3D comme des palettes qu’ils vont directement pouvoir utiliser pour leur cœur de métier. Objectif ? Déployer trois de ces nouvelles machines dans des entrepôts en septembre 2022. Chacune pourra recycler 45 tonnes de plastique par an.

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