L’adaptation au changement climatique, un enjeu encore largement sous-estimé par les PME franciliennes

Enjeux Ile-de-France n°256

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Malgré les engagements pris par les États lors de la COP 21, les efforts consentis jusqu’à maintenant pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas suffisants pour freiner le changement climatique. Quand bien même la décarbonation de l’économie s’accélérerait, les températures devraient continuer d’augmenter en France et en Ile-de-France.

Une trajectoire de réchauffement peu optimiste

Le scénario retenu par les pouvoirs publics pour caler ses politiques et plans d’adaptation est celui d’un réchauffement de + 4° C d’ici la fin du siècle par rapport à l’ère pré-industrielle. Les PME franciliennes ont-elles conscience d’être exposées à des risques climatiques ? Ont-elles déjà mesuré leur vulnérabilité et entamé des démarches d’adaptation destinées à renforcer leur résilience voire leur pérennité ?

Deux tiers des entreprises considèrent que le changement climatique n’aura pas d’impact sur leur activité

L’adaptation au changement climatique, qui consiste à agir non plus sur les causes mais sur les conséquences du réchauffement pour en limiter les effets les plus néfastes, n’est pas encore appréhendée comme un objectif stratégique par les PME franciliennes car elles se sentent peu exposées aux aléas climatiques, et celles qui considèrent l’être ne prennent guère de mesures pour renforcer leur résilience.

Le risque d’inondation est le premier risque climatique en Ile-de-France

Seules 13 % des PME franciliennes pensent être exposées au risque d’inondation. Une des explications de cet écart entre l’appréciation du risque et la probabilité de sa réalisation est peut-être à chercher dans l’approche restrictive que les entreprises ont tendance à adopter en matière de risques climatiques.

L’urbanisation du territoire renforce les impacts des vagues de chaleur

Les impacts des vagues de chaleur sur l’économie francilienne doivent également être pris en considération. Les effets du stress thermique sur les infrastrutures et les bâtiments et les conséquences des fortes chaleurs sur les personnes ne peuvent pas être occultées. En Ile-de-France, le phénomène est exacerbé du fait des ilots de chaleur et de la pollution à l’ozone.

Texte

La conscience du risque ne conduit pas nécessairement à l’action

La gestion de crise n’est guère anticipée par les PME franciliennes : plus de la moitié des entreprises n’ont pas prévu de stratégies spécifiques pour garantir la continuité de l’activité en cas d’évènements climatiques extrêmes (inondations, canicules, tempêtes...), et 2 entreprises sur 10 se contentent de plans généraux d’urgence.

Les démarches visant à rendre l’entreprise plus résiliente sont encore très timides

Quant aux mesures d’adaptation plus transformationnelles, seules 15 % des entreprises ont modifié leurs infrastructures ou leurs installations pour les rendre plus résilientes aux impacts du changement climatique ; il apparait clairement que l’adaptation n’est pas encore un objectif stratégique pour les PME franciliennes.

 

Pour en savoir plus :

 

Auteur : Nathalie HUET

Janvier 2025

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