Un tourisme francilien à réinventer après une crise mondiale sans précédent

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octobre 2020

La pandémie de Covid-19 a mis à l’arrêt quasiment tous les secteurs d’activité. Parmi eux, le tourisme apparaît comme la filière la plus lourdement et durablement affectée ; en effet, son activité s’est effondrée dès les premières restrictions en matière de déplacements imposées progressivement dans le monde entier. Alors que la crise sanitaire perdure, quelle est l’ampleur actuelle des conséquences pour l’Ile-de-France, première région mondiale du tourisme de loisirs et d’affaires, en termes de fréquentation touristique, d’activité des congrès et salons et de trafic aéroportuaire ? Comment peut évoluer le tourisme francilien après cette crise majeure ? Quel sera le rapport au tourisme dans les années à venir ?

La crise sanitaire provoquée par la pandémie de Covid-19 a entraîné un bouleversement sans précédent de l’économie mondiale. Les conséquences ont été particulièrement importantes pour le secteur du tourisme.

Une fréquentation touristique à l’arrêt entre mi-mars et fin mai…

Dans ce contexte, en Ile-de-France, le nombre de touristes s’est réduit de 14 millions au premier semestre comparativement à la même période de 2019, ce qui a provoqué des pertes de plus de 6 milliards d’euros.

Parallèlement, sur l’ensemble du premier semestre 2020, les nuitées hôtelières ont été en repli de 61 % par rapport au premier semestre 2019.

…puis une timide reprise de l’activité au cours de la saison estivale

Bien que les niveaux de fréquentation touristique de la période estivale restent encore inférieurs de 60 à 70% à la « normale », une reprise progressive de l’activité a été constatée à partir du mois de mai.

Ce frémissement de la fréquentation touristique a notamment été impulsé par la clientèle française au mois de juin et par les clientèles européennes de proximité en juillet et en août.

Un tourisme sportif également fragilisé

Le milieu sportif n’a pas échappé à la crise sanitaire. L’absence de grands événements sportifs au cours d’une grande partie du premier semestre 2020 a entraîné une perte d’environ 600 000 visiteurs, dont près de 200 000 touristes internationaux ; cette diminution se traduit par une perte de retombées estimée entre 250 et 350 millions d’euros.

Le tourisme d’affaires toujours dans l'attente du redémarrage de l’activité

Le tourisme d’affaires (congrès, salons, etc.) a été violemment touché par la crise sanitaire de la Covid-19 : à la date du 1er octobre 2020, 432 congrès et 238 salons ont été annulés en Ile-de-France. La CCIR estime que ces annulations et la non-venue de 6,6 millions de visiteurs et congressistes représentant 70 000 entreprises ont entraîné un manque à gagner de 3,8 milliards pour la région-capitale.

Le trafic aérien quasiment inexistant pendant plus de trois mois…

Le trafic passagers de Paris Aéroport s’est trouvé quasiment à l’arrêt dès la mi-mars et jusqu’à la réouverture, le 15 juin, des frontières internes à l’Union européenne.

Ainsi, dès mars, le trafic passagers de Paris-Charles-de-Gaulle et de Paris-Orly s’est effondré de 58,5 % par rapport à mars 2019 ; d’avril à juin derniers, tout juste 1,0 million de passagers ont fréquenté les aéroports parisiens alors qu’ils avaient été 28,6 millions à la même période en 2019.

…et confronté à un redémarrage très lent

Cet été, la reprise n'a pas été celle qui avait été espérée après la sortie du confinement et après la réouverture des frontières européennes. Ainsi, en prenant en compte juillet et août, le déficit sur les huit premiers mois de l’année pour le trafic de Paris Aéroport a été de 65,3 % par rapport à la même période de 2019.

Le trafic annuel de Paris Aéroport pourrait par conséquent être cantonné dans une fourchette comprise entre 40,0 et 50,0 millions en 2020 ; or, il n’avait plus été inférieur à ce cap des 50,0 millions depuis 1992 !

L’incertitude perdure pour les mois à venir

Plus de six mois après le début de l’épidémie de Covid-19, la reprise du tourisme est encore très incomplète et toujours incertaine, tout particulièrement à Paris Ile-de-France, région très dépendante des clientèles internationales.

La seule véritable évidence actuellement est la lenteur du redémarrage du secteur, celui-ci dépendant avant tout de l’évolution de l’épidémie et de la découverte d’un vaccin.

L’activité touristique francilienne à l’heure d’un tournant majeur

A plus longue échéance, le tourisme francilien et, plus généralement, le tourisme mondial paraissent confrontés à la nécessité de se réinventer.

L’objectif d’attirer toujours plus de touristes est probablement aujourd’hui dépassé ou, a minima, en questionnement.



 

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