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« L’international est un levier de croissance stratégique pour l’entreprise »

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Depuis janvier 2020, José Taborda, co-président en charge du commerce de Top Industrie, implantée en Seine-et-Marne, a fait de l’international un axe de développement stratégique. Si bien que l’entreprise réalise 50 % de son chiffre d’affaires à l’étranger. Interview.

Pouvez-vous nous présenter l’activité de Top Industrie ?

Top Industrie
Crédit-photo : Top Industrie

 

J’ai repris l’entreprise en janvier 2020 avec Christian Simon, aujourd’hui co-président en charge des opérations. Tous deux anciens ingénieurs d’Alstom, nous voulions entreprendre et avons cherché une entreprise industrielle francilienne à reprendre dans un marché de niche. Grâce à l’aide d’un cabinet spécialisé, nous avons eu l’opportunité de reprendre Top Industrie, une PME de 48 personnes spécialisée dans la technologie haute pression et très haute pression.

Notre force est de travailler de façon très étroite avec les chercheurs qui ont besoin de simuler des expériences où la haute pression va jouer. Nous concevons et réalisons des équipements sur mesure destinés aux centres de recherche qui utilisent des gaz ou des liquides haute pression, comme des machines dédiées notamment à la R&D. Nos clients sont des centres de recherche publics (CEA, CNRS) ou des groupes privés dans de multiples domaines comme le pétrole, l'énergie, la pharmacie, la chimie...

Que représente l'international pour Top Industrie ?

En 2021, nous avons réalisé près de 50 % du chiffre d'affaires à l’export. Top Industrie est une pépite technologique connue des centres de recherche du monde entier. La Chine, où nous avons un bureau, est notre premier client étranger avec lequel nous réalisons 30 % de nos exportations et 20 % du CA global.

Parmi les autres pays où nous exportons, le Brésil et la Russie, le Canada, l’Europe et le Moyen-Orient. En Allemagne, nous sommes passés d'un CA quasi nul à près d'1 M€ de commandes enregistrées en 2021. Au total, l'activité export de l’entreprise a permis de maintenir tous les emplois pendant la crise sanitaire et même d'en créer cinq !

Moins de deux ans après la mise en place de notre nouvelle stratégie de développement à l'international, les résultats sont au rendez-vous et nous avons pu traverser la crise sanitaire en 2020 sans trop de difficultés. Nous avons continué à fonctionner normalement car nous avions déjà signé des commandes avec l’étranger. Etant donné que tous les pays n’ont pas fermé leurs frontières en même temps, nous avons pu passer entre les deux vagues. On a montré que la société était solide de par son marché diversifié.

Avez-vous bénéficié d'un accompagnement pour le développement à l'international de votre entreprise ?

Nous avons souhaité cadrer notre développement à l’international et nous donner les moyens de nos ambitions en faisant appel à la Team France Export, guichet unique qui réunit la région Ile-de-France, l’Etat, la CCI Paris Ile-de-France, Business France et la Bpifrance.

Depuis octobre dernier, nous avons intégré L’accélérateur international Ile-de-France. Sur 18 mois, ce programme aide les entreprises franciliennes à développer leur stratégie internationale, à adapter leurs produits aux marchés cibles, à développer des opportunités commerciales, etc. Cela nous aide à nous poser les bonnes questions et à déployer les bons plans d’action, ce qui n’est pas forcément évident lorsque l’on est une PME.

Nous collaborons de manière étroite avec les équipes de la CCI qui nous aident à naviguer dans les programmes et les aides existantes. Nous participons également à une mission hydrogène en Allemagne portée par Bpifrance et Business France, une autre en Norvège et au Danemark, à une mission de prospection aux Pays-Bas et à diverses opérations collectives comme vendre au CERN, l'organisation européenne pour la recherche nucléaire.

En 2020, nous avons également fait appel à un Volontaire international en entreprise (VIE), un jeune âgé entre 18 et 28 ans que nous avons déployé au Canada.

Avez-vous bénéficié d'aides publiques pour faire face à la crise ?

Nous avons bénéficié d’un prêt garanti par l'Etat (PGE) de 1,8 M€ au 2e trimestre 2020 et mis nos salariés en activité partielle, ce qui nous a beaucoup aidés. Nous avons également reçu des « chèques relance export » de quelques milliers d’euros dans le cadre du Plan France Relance. Et nous avons aussi utilisé l’assurance prospection de Bpifrance qui nous a permis de bénéficier d’une avance de trésorerie de l’Etat de 50 000 euros.

Quelles sont vos perspectives de développement ?

La France est un marché à fort potentiel, avec de nouvelles technologies très porteuses comme l’hydrogène. Nous souhaitons continuer à développer ce marché et doubler notre activité dans l’Hexagone sur 15 ans.

D’ici 15 ans également, nous avons la volonté d'amener Top Industrie au rang d’ETI et d'atteindre un CA de 50 M€ (contre 10 M€ actuellement), dont 80 % à l’export. Mais pour y parvenir, nous devons aller chercher les marchés et réfléchir à des stratégies par pays. Alors que jusqu’à maintenant, nous n’avons jamais démarché de nouveaux marchés, nous contentant de répondre à la demande qui venait à nous.

Parmi les leviers de croissance internationale que nous avons identifiés, nous souhaitons notamment consolider la Chine et développer l’Allemagne et les pays d’Europe du Nord (Pays-Bas et pays scandinaves).

En savoir plus sur Top Industrie

Découvrir notre dossier sur le développement des entreprises à l'international

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