Avec 16,3 milliards d’euros d'exportations, les États-Unis sont le 2e client de l’Ile-de-France

Enjeux Ile-de-France n°264

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Si l’actualité est marquée par une succession d’annonces de droits de douanes américains qui accaparent toute l’attention médiatique, la réalité du commerce extérieur francilien observée en 2024 est celle d’un ralentissement des échanges en valeur et une réduction sensible du déficit extérieur pour la deuxième année consécutive.

Les Etats-Unis sont un partenaire majeur pour la France et les nouvelles mesures tarifaires laissent entrevoir des modifications importantes des équilibres des échanges mondiaux. Un précédent similaire apporte un éclairage sur ce qui pourrait advenir dans les prochains mois : en octobre 2019, les Etats-Unis avaient taxé les importations de vin français à hauteur de 25 %.

La baisse des coûts de l'énergie continue de réduire le déficit commercial francilien

Après une année 2020 durant laquelle l’ensemble du commerce international s’est effondré à cause de la pandémie de Covid-19, les importations et exportations françaises ont fortement progressé les deux années suivantes. Cela s’explique par une augmentation des volumes échangés mais également par la valeur des biens dans un contexte inflationniste. La dynamique s’est inversée en 2023 et se confirme en 2024 : une baisse en valeur aussi bien des importations -que des exportations. Malgré tout, le solde commercial reste dégradé par rapport à la période pré- Covid19 (en 2019).

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L’amélioration de la balance commerciale française est essentiellement due à la baisse de la facture énergétique : les prix de l’énergie avaient progressé en 2021 lors de la reprise économique mondiale post-pandémie, puis en 2022 avec le déclenchement de la guerre en Ukraine et sont désormais en baisse depuis deux ans.

Au niveau francilien, on observe les mêmes dynamiques : baisse des importations qui s’élèvent à 192,2 milliards d’euros, conjuguée à une baisse moindre des exportations : 141,6 milliards d’euros en 2024. Le déficit commercial francilien est donc désormais de - 50,6 milliards d’euros, après avoir été de - 61,1 milliards en 2023 et de - 78,5 milliards d’euros en 2022.

Les échanges avec les pays européens reculent mais restent majoritaires  

En 2024, les importations en provenance des pays européens ont reculé de - 10, 7 % et les exportations de - 8,1 %. Malgré cela, les échanges avec les pays européens représentent toujours plus de la moitié du commerce international francilien : 55,9 % pour les importations et 58,4 % pour les exportations.

La zone Asie-Océanie reste la deuxième partie du monde avec laquelle l’Ile-de-France commerce le plus, mais également celle avec -laquelle le taux de couverture est le plus faible (50,8 %) ; le montant des importations est donc près de deux fois celui des exportations : 49,5 milliards d’euros pour les imports et 25,2 milliards pour les exports.

La troisième place est toujours occupée par les Amériques, avec lesquelles les volumes augmentent : 22,5 milliards d’euros d’importations et 20,9 milliards d’euros d’exportations (soit une progression annuelle respectivement de + 6, 1% et + 6, 8%). Viennent ensuite l’Afrique et le Proche et Moyen Orient.

La majorité des échanges commerciaux franciliens se fait avec un tout petit nombre de pays

Les échanges commerciaux de l’Ile-de-France se concentrent avec quelques pays : 68 % des importations franciliennes ont pour origine les 10 pays qui fournissent les plus de biens à la région francilienne et les 10 principaux pays vers lesquels l’Ile-de-France exporte ses biens représentent 66 % du total de exportations.  

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L’aéronautique, l'automobile et la pharmacie : les spécialisations de l'industrie francilienne en tête des exportations

Le top 10 des produits les plus exportés est révélateur des spécialisations de l’industrie francilienne : l’aéronautique (18,8 milliards d’euros), l’automobile (13,0 milliards), la pharmacie (9,9 milliards) et du poids de la région dans le domaine du luxe : le cuir, bagages, et chaussures (13,3 milliards), les parfums (6,0 milliards), cosmétiques, joaillerie, ….

Avec 27,7 milliards de marchandises importées, les produits de la construction automobile demeurent le premier produit entrant en Ile-de-France. Désormais, la valeur des importations d’hydrocarbures naturels s’élève à 13,5 milliards d’euros, soit une baisse de 7,7 milliards en un an.

Les 100 plus grandes entreprises représentent 68 % des exportations  

Durant l’année 2024, plus de 30 200 entreprises franciliennes ont exporté des marchandises. Ce chiffre est en recul depuis deux ans : le nombre d’entreprises exportatrices est ainsi revenu à son niveau de 2015.

La concentration des volumes d’exportation n’a jamais été aussi important, puisque les 100 plus grandes entreprises exportatrices représentent à elles seules 68,1 % des montants de marchandises exportées. Après une progression chaque année depuis plus de 10 ans, cette concentration a légèrement diminué en 2024.

Texte

Le commerce international sous la menace d'une guerre commerciale menée par les Etats-Unis


Le 2 avril 2025, le président américain a annoncé plusieurs modifications des droits de douane sur les marchandises vis-à-vis de très nombreux pays ; l’Union Européenne est concernée et se voit imposer 20 % de taxes sur ses exportations à destination des Etats-Unis. Après une période de négociation, après avoir menacé de taxer les produits européens à 30 %, le président américain et la présidente de la commission européenne ont conclu fin juillet un accord prévoyant des droits de douanes de 15 % pour les produits européens entrant aux Etats-Unis.

Des procédures judiciaires sont toujours en cours aux Etats-Unis, des juges fédéraux ayant estimé que le seul le congrès avait le pouvoir d’imposer de telles barrières tarifaires, ces procédures pourraient aller jusqu’à la cour suprême américaine. Quel que soit l’aboutissement de ces procédures judiciaires, la volonté de l’administration américaine actuelle est de modifier en profondeur les échanges entre les Etats-Unis et le reste du monde. Des évolutions considérables sont à prévoir pour les exportations franciliennes, tant en termes de volume de produits échangés qu’en termes de structure des échanges et des destinations.

Auteur : Yves Burfin

Septembre 2025

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