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Un paysage commercial francilien contrasté, entre résilience et fragilité

Enjeux Ile-de-France n° 249

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Ceci est un résumé et l'ensemble des résultats sont détaillés dans la publication à télécharger

Le dernier recensement exhaustif des locaux d’activité franciliens, effectué au printemps 2023, montre que le paysage commercial conserve encore des séquelles de l’impact de la crise sanitaire. Ce paysage est le reflet de la situation économique des Franciliens : face aux difficultés de pouvoir d’achat engendrées par l’inflation, les commerces « discount » font une percée notable et ce, dans plusieurs secteurs. Les commerces alimentaires et les cafés-hôtels-restaurants progressent, tout comme le secteur santé-beauté-soins du corps. L’équipement de la personne pâtit de la chute continue des commerces d’habillement et de chaussures.

Depuis trois ans, le nombre de commerces actifs dans la région a progressé de 2,1 %, passant de 153 990 en 2021 à 157 205 aujourd’hui, soit 3 212 commerces supplémentaires.

Le taux d’équipement commercial moyen de la région Ile-de-France est en 2023 de 14,5 commerces actifs pour 1 000 habitants, en légère progression par rapport à 2021 (14,2) ; ce chiffre recouvre toutefois des réalités très diverses selon les départements.

Texte

Un taux de vacance commerciale en légère hausse

Le taux de vacance commerciale constaté est en légère augmentation dans la région par rapport au dernier recensement : 12,9 % contre 12,6 % en 2021. Cette hausse indique que la crise sanitaire des années 2020 et 2021 a entraîné une fragilisation du tissu commercial francilien.
Les évolutions sectorielles confirment des tendances précédemment observées.

Le recensement 2023 est la confirmation de grandes tendances déjà observées les années précédentes : recul des activités fortement touchées par la concurrence du e-commerce -notamment de la fast fashion - ou la dématérialisation des échanges, développement de commerces à bas prix adaptés à la baisse du pouvoir d’achat, crise persistante du secteur chaussures-habillement, fort développement de l’alimentaire et de la restauration, ainsi que du secteur santé-beauté-soins du corps.

La plupart des grands secteurs d’activité ont vu en trois ans le nombre de leurs commerces augmenter, à l’exception de l’univers de la personne, qui stagne, plombé par la crise de l’équipement de la personne et notamment des commerces de chaussures et d’habillement. L’ensemble du secteur du prêt-à-porter masculin, féminin, mixte, enfants) enregistre une chute de 9 % et les chaussures de 15 %.

L’alimentation en hausse

Le secteur qui a le plus fortement progressé est l’alimentation (+ 5 %), aussi bien généraliste que spécialisée ; Le secteur hôtels-cafés-restaurants, qui avait particulièrement souffert durant la crise sanitaire, a, malgré tout, enregistré de son côté une hausse de 3 % de ses établissements, tiré par la restauration rapide (+ 9 %). Dans le secteur Culture-Loisirs, les activités les plus porteuses sont la vente-réparation-location de vélos (+ 47 %) qui illustre le développement des mobilités douces, favorisé par la multiplication des pistes cyclables.

Les commerces discount fleurissent

Dans le prolongement du recensement de 2021, le secteur santé-beauté-soins du corps maintient une bonne progression. Dans le domaine des agences, plusieurs activités reculent, essentiellement en raison de la dématérialisation des échanges qui rend inutile l’intermédiation d’un agent. Dans l’équipement de la maison, les activités en concurrence directe avec les sites de e-commerce souffrent, comme les spécialistes hi-fi (- 15 %). Le discount et la seconde main tirent donc profit de la crise du pouvoir d’achat puisqu’ils progressent aussi bien dans l’équipement de la personne que l’équipement de la maison ou dans l’alimentaire : discount non alimentaire-déstockeur : + 68 %, friperie-solderie : + 40 %.

 

Auteur : Bénédicte Gualbert

Janvier 2024

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