Comment assurer le paiement des factures dans des délais raisonnables ? Des propositions pour améliorer la trésorerie des TPE-PME

H1_délais de paiement

La CCI Paris Ile-de-France dresse un état des lieux précis des difficultés rencontrées par les entreprises en matière de délais de paiement des factures. Un nouveau rapport qui présente des propositions concrètes pour y remédier.

Quelles conséquences pour les entreprises ?

Les retards de paiement représentent aujourd’hui bien plus que de simples désagréments administratifs et comptables mais bien une cause de vulnérabilité économique, susceptible d’entraîner des cessations d’activité en chaîne, notamment dans les écosystèmes de sous-traitance. Un simple décalage de paiement peut avoir de graves conséquences et accroître de 25 % le risque de défaillance d’une entreprise, et jusqu’à 40 % lorsque le retard dépasse 30 jours. Des risques auxquels les PME sont particulièrement exposées.

A l’heure où le délai moyen de paiement augmente pour dépasser souvent les deux semaines, c’est la survie même de nombreuses entreprises qui est en jeu.

Mobiliser les outils existants, comme l’affacturage

La CCI Paris Ile-de-France recommande aussi le recours accru à des outils existants mais trop peu connus. C’est le cas, notamment, de l’affacturage et de sa déclinaison l’affacturage inversé.

En pratique, l’affacturage permet de transmettre ses créances clients à un tiers qui se charge du recouvrement et avance, moyennant commission, les fonds à l’entreprise. Un apport immédiat de liquidités qui peut être source de respiration pour le débiteur et diminuer le stress des chefs d’entreprise à la tête de petites structures. Pourtant, affacturage et affacturage inversé sont des solutions encore sous-exploitées. Il faut davantage inciter les entreprises et donneurs d’ordre à les proposer.

Encourager les bonnes pratiques des entreprises

L’allongement des délais de paiement s’explique souvent par l’absence de formalisation claire des conditions de paiement, des processus internes mal définis ou encore un manque de suivi des échéances. Cette formalisation est indispensable, elle passe par l’acquisition de réflexes : toujours préciser les conditions de paiement au moment de la contractualisation. Des précisions encore trop souvent absentes et sources de bien des retards.

De même, faut-il davantage sensibiliser les équipes commerciales et comptables à l’utilisation d’outils automatisés de suivi.

La facturation électronique : une bonne solution, sous conditions

La CCI Paris Ile-de-France propose des pistes d’amélioration à commencer par la mise en place d’un accompagnement renforcé à la facturation électronique.

La facturation électronique possède de nombreuses qualités, la réduction des litiges liés aux erreurs de saisie ou aux pertes de factures n’étant pas la moindre. De nombreuses entreprises redoutent sa généralisation car elle aura un coût. La CCI Paris Ile-de-France a mené une enquête auprès de chefs d’entreprise ayant déjà adopté la facturation électronique, les résultats sont plutôt encourageants : 71 % estiment que cela facilite la gestion et le suivi des factures et 80 % n’ont d’ailleurs pas trouvé la mise en œuvre complexe.

Soutenir la création d’un fond de soutien

Enfin, dans un contexte d’incertitude, pourquoi ne pas étudier la possibilité de créer un fonds de soutien à destination des PME/TPE en difficulté de trésorerie à cause de retards de paiement ?

Alimenté par une partie des amendes des entreprises fautives, il permettrait d’offrir des avances de trésorerie, d’aider à la mise en conformité des pratiques internes, de financer des campagnes de sensibilisation ou de valorisation des bonnes pratiques.


« Chaque année les délais de paiement s’allongent. En 2025, les retards ont atteint un nouveau palier en France. C’est une préoccupation majeure pour les PME et les microentrepreneurs qui voient leur résilience économique impactée. Sans compter l’effet boule de neige avec le fournisseur qui faute d’être payé ne peut à son tour honorer ses factures. En aidant les entreprises, on aide toutes l’économie. Diffuser les bonnes pratiques, aider les entreprises en difficulté de trésorerie et accompagner la mise en place de la facturation électronique concourent à un environnement de confiance et permet aux eux entreprises de se concentrer sur leur croissance, l'innovation et la création d'emplois. » déclare Dominique Restino, Président de la CCI Paris Ile-de-France.

Les chiffres clés

  •  + 40 % de risque de défaillance si les retards de paiement dépassent 1 mois.
  • 80 % des retards en France sont supportés par les PME.
  • 30 % des saisines du Médiateur des entreprises concernent les retards de paiement.

Pour consulter et télécharger l’intégralité du rapport : cliquez ICI

 

Elodie Flora
Élodie Flora

Adjointe à la Directrice de la communication

Nicolas_Moutier
Nicolas Moutier

Attaché de presse

Partager