« ESIEE Paris soutient activement les étudiants entrepreneurs »
Créer son entreprise avant même d’être diplômé ? C’est possible, comme le prouve le parcours de Xavier Beaunol, étudiant à ESIEE Paris, co-fondateur et CEO de VTOLIA, une solution de transport logistique par drones autonomes.
Pourquoi avoir décidé de créer votre entreprise avant la fin de vos études ?
Je suis actuellement en dernière année du cycle ingénieur d’ESIEE Paris (école d’ingénieurs de la CCI Paris Ile-de-France, membre de l’Université Gustave Eiffel) que j’ai intégrée après deux ans de classe prépa.
L’idée de VTOLIA est née à l’école, avec mes deux cofondateurs : Emmy Cavalié, en charge de la R&D, et Henoc Nsunda Kimpady, CTO, lui aussi formé à ESIEE Paris. Tous trois passionnés par l’aéronautique et les systèmes embarqués, nous avions en tête de créer une startup spécialisée dans les drones.
Nous sommes partis d’un constat simple : les difficultés d’accès dans des régions montagneuses ou forestières. Ces zones isolées manquent de solutions pour acheminer des marchandises. Pour y répondre, nous avons développé un drone doté d’une station de recharge intégrée, et adapté à ces environnements difficiles.
Avez-vous été accompagné pour la création de votre entreprise ?
ESIEE Paris m’a permis de mener de front études et projet entrepreneurial grâce au statut national d’étudiant-entrepreneur (SNEE). Dans les écoles et universités, des dispositifs permettent aux étudiants d’être accompagnés comme dans une “ruche à startups”. Nous avons bénéficié du programme Pépite 3EF -Entrepreneuriat Étudiant dans l’Est Francilien- au sein de l’Université Gustave Eiffel.
Cet accompagnement nous a permis de structurer notre projet deeptech, d’être mentorés et d’accéder à des ressources techniques et administratives adaptées. En tant que lauréats Pépite Start'Up Ile-de-France, nous avons été incubés à Station F, où nous avons appris à développer notre startup et à évoluer au sein d’un écosystème d’entreprises innovantes.
Nous avons aussi été accompagnés par le Perqo, incubateur de la Région Ile-de-France, et participé à un atelier à la CCI Paris Ile-de-France sur l’IA, avec des échanges très instructifs avec des experts de différents domaines, de l’IA, de Microsoft...
ESIEE Paris favorise-t-elle l’entrepreneuriat étudiant ?
Oui, son soutien a été à la fois moral, financier, organisationnel et en termes de communication ! De manière générale, l’école et les professeurs sont très ouverts au profil d’étudiant entrepreneur. Nous avons notamment reçu de nombreux conseils en mécanique et en IA, deux domaines que je ne maîtrisais pas. Nous avons également été accompagnés par Ke-Quang N’Guyen Phuc, mentor, investisseur et ancien élève d’ESIEE Paris, qui a suivi notre projet chaque mois.
Concrètement, l’école nous a en outre permis :
- d’adapter notre cursus et notamment de substituer certains cours par ceux dispensés à Station F
- de remplacer notre stage de fin d’études par le développement de l’entreprise
- de proposer un projet de notre startup comme projet de fin d’année à des élèves de 4e année qui ont ainsi développé un module
- d'accéder aux Fab Labs et au matériel (dont des imprimantes 3D).
ESIEE Paris met également en avant ses étudiants entrepreneurs lorsqu'ils sont sélectionnés dans des programmes ou concours.
Où en êtes-vous dans le développement de VTOLIA ?
Nous poursuivons le développement de VTOLIA à Station F. Nous avons présenté le premier prototype de notre drone et de sa station de recharge à VivaTech 2025 sur le stand de la Région Ile-de-France. Nous préparons des versions test pour des vols en Ile-de-France et travaillons déjà avec des clients pour réaliser des proof of concept.
Nous avons lancé une levée de fonds pré-seed de 800 000 € afin de poursuivre le développement global, obtenir la certification et déployer les premiers démonstrateurs sur plusieurs territoires avec lesquels nous sommes en discussion.
Nous avons été sélectionnés pour la deuxième année consécutive au G20 des jeunes entrepreneurs : l’an dernier au Brésil, et cette année en Afrique du Sud, à Johannesburg. L’Afrique représente un fort potentiel pour notre solution. Sans le soutien d’ESIEE Paris, je n’aurais jamais pu y participer !
Est-il difficile de mener de front études et entrepreneuriat ?
Ce n’est pas simple : entre cours, partiels et gestion de l’entreprise, c’est très exigeant ! Il faut de la détermination, de l’adaptation et de la concentration. Le statut étudiant ne permet pas de se consacrer à plein temps au projet et limite l’accès au financement, notamment bancaire. Il est aussi plus difficile de se déplacer pour rencontrer clients ou investisseurs.
Malgré cela, nous avons pu saisir de nombreuses opportunités et obtenir plusieurs subventions : concours international au Canada, prix Pépite national, aides d'ESIEE Paris, concours locaux comme ceux du Pépite 3EF : Boost mon projet.
Découvrir notre dossier Comment créer son entreprise quand on est étudiant ?