La baisse des coûts de l’énergie réduit le déficit commercial francilien
Enjeux Ile-de-France n°252
Après l’effondrement des échanges lié à la crise du Covid-19, le commerce international avait progressé au cours des années 2021 et 2022. 2023 marque à nouveau un tassement des importations, essentiellement dû à la baisse du prix des produits énergétiques (hydrocarbures et électricité) et une progression des exportations. Ainsi, même si la balance commerciale francilienne demeure négative (- 61,1 milliards), elle est en nette amélioration par rapport à 2022 (-78,5 milliards d’euros). Parmi les entreprises exportatrices, la concentration observée ces dernières années se poursuit, puisque les 100 plus grands exportateurs représentent à eux seuls 68,0 % des montants de marchandises vendus à l’étranger.
2023 : Une année de recul de la valeur des échanges, ...
En 2023, le montant des exportations françaises progresse de plus de 14 milliards d’euros et s’élève à 598,9 milliards d’euros, soit une augmentation annuelle de 2,4 %. Cette progression apparait faible en comparaison avec les années qui ont suivi les confinements dus à la pandémie de Covid-19, où le commerce mondial avait été à l’arrêt : + 15,3 % en 2021 puis + 21,4 % en 2022.
Après avoir connu deux fortes hausses (+ 19,0 % en 2021 et + 30,4 % en 2022), les importations ont reculé en 2023 de - 7,0 %, s’établissant à 720,7 milliards d’euros.
Ainsi, l’augmentation des exportations conjuguée au recul des importations entraine une amélioration de la balance commerciale : celle-ci est désormais de - 121,8 milliards en nette amélioration par rapport à en 2022, année pour laquelle les échanges commerciaux avaient atteint le déficit record de - 190,2 milliards d’euros. Si le poids de la facture énergétique était la principale composante de la détérioration du solde commercial en 2022, il est également la principale raison de son amélioration en 2023, grâce à la baisse de la valeur des importations d’hydrocarbures et d’électricité, principalement due à la diminution des prix des hydrocarbures (baisse de 15,7 % du prix du brent en 2023).
Au niveau francilien, le même phénomène est observé : des importations s’élevant à 207,0 milliards d’euros (soit une diminution de 3,6 % par rapport à l’année précédente) et des exportations à 145,9 milliards d’euros (soit une progression de 7,2 %). La balance commerciale francilienne s’est donc améliorée, passant de - 78,5 milliards d’euros en 2022 à - 61,1 milliards d’euros en 2023 ; le taux de couverture passe ainsi de 63,4 % à 70,5 %.
Plus de la moitié des échanges se font avec les pays européens
Avec 61,7 % (soit 90 milliards d’euros) des exportations et 58,1 % des importations (120,4 milliards d’euros), l’Europe est le principal partenaire commercial de l’Ile-de-France. Les 13 autres pays européens ayant adhéré à l’Union Européenne avant 2004 restent les partenaires commerciaux privilégiés de l’Ile-de-France en comparaison avec les 13 pays ayant adhéré depuis 2004.
La majorité des échanges commerciaux Franciliens se fait avec un petit nombre de pays
Les 10 principaux pays fournisseurs des biens achetés par l’Ile-de-France représentent au total 68,8 % des importations : il s’agit de la Chine, des Etats-Unis ainsi que des pays européens proches : Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Espagne, Belgique et Pays-Bas.
Les principaux pays fournisseurs sont également les clients les plus importants (Etats-Unis, Allemagne, Espagne, Royaume-Uni, Italie, Belgique et Chine). La différence notable est le poids de la Chine parmi les échanges : si elle est le premier fournisseur de biens importés, elle n’est que le sixième client, illustrant le déséquilibre déjà ancien du commerce francilien avec la Chine. Le déficit commercial de l’Ile-de-France avec ce pays est de - 21,4 milliards d’euros (mais en amélioration de 2,8 milliards en un an).
L’aéronautique, l'automobile et la pharmacie : les spécialisations de l'industrie Francilienne en tête des exportations
Le top 10 des produits les plus exportés est révélateur des spécialisations de l’industrie francilienne (aéronautique, automobile, pharmacie) et du poids de la région dans le domaine du luxe (cuir, bagages, chaussures, parfums, cosmétiques et joaillerie).
En 2022 l’augmentation des coûts des hydrocarbures et de l’électricité avaient placé ces deux produits respectivement 1er et 3e des dépenses franciliennes les plus importantes. Le recul des coûts de l’énergie en 2023 a fait revenir ces produits à un niveau « normal » : le prix du baril de pétrole brut est passé de de 115,5 € en juin 2022, à 69,6 € un an plus tard (mai 2023), soit une baisse de près de 40 %.
Les 1 500 plus grands entreprises représentent 70 % des exportations
Durant l’année 2022, plus de 31 800 entreprises franciliennes ont exporté des marchandises. Ce chiffre est en recul (- 0,9 %) par rapport à 2022, constituant un record. En 10 ans le nombre d’entreprises exportatrices a progressé de 5,7 %.
La concentration des volumes d’exportation n’a jamais été aussi important, puisque les 100 plus grands exportateurs représentent à elles seules 68,0 % des montants de marchandises exportées. Cette concentration augmente d’année en année, elle était de 62,6 % il y a 10 ans.
Yves BURFIN
Juillet 2024