Un écart entre taux d’emploi des femmes et des hommes moins élevé en Île-de-France que dans les autres grandes régions européennes

Enjeux Ile-de-France n°258

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De même que le taux d’emploi des seniors ou celui des jeunes, la participation des femmes au marché du travail constitue une préoccupation majeure des pouvoirs publics.

Comment a évolué le taux d’emploi des femmes en Île-de-France ces dernières années ? Comment se positionne-t-il comparativement à celui des autres régions hexagonales et à celui des grandes métropoles allemandes, espagnoles, italiennes et néerlandaises ? Quelle est aujourd’hui l’ampleur de l’écart entre les taux d’emploi des femmes et des hommes dans la région ?

L’amélioration quantitative et qualitative de l’emploi a toujours été au cœur des politiques économiques de l’Union européenne (UE) ; la présente étude se concentre sur le taux d’emploi des femmes âgée de 20 à 64 ans dans les régions françaises et dans les principales régions européennes.

Au niveau européen, un taux d’emploi des femmes cantonné à 70,2 %

Le taux d’emploi des femmes est en moyenne passé de 56,8 % en 2002 à 70,2 % en 2023, soit près de 5,0 points de moins que le niveau visé par la stratégie Europe 2020.

Le taux d’emploi des Franciliennes est historiquement plus élevé que celui observé au plan national mais l’écart se réduit

En France, le taux d’emploi des femmes de 20 à 64 ans en Île-de-France est historiquement supérieur à celui observé au plan national ; ainsi, en l’an 2000, l’écart était de plus de 6,0 points (66,3 % dans la région-capitale contre 60,0 % en moyenne en France).

Toutefois, si le taux d’emploi des femmes a augmenté entre 2000 et 2023 en Île-de-France (+ 7,4 points), l’ampleur de sa hausse a été plus conséquente au niveau national (+ 11,7 points en moyenne). Par conséquent, en 2023, l’écart entre les taux d’emploi des femmes en Île-de-France et au plan national n’était plus que de 2,0 points.

Texte

Le taux d’emploi des Franciliennes n’est plus le plus élevé des régions françaises

En l’an 2000, le taux d’emploi des femmes en Île-de-France était supérieur à celui de toutes les autres régions françaises.

23 ans plus tard, les écarts se sont atténués. L’évolution de 7,4 points du taux d’emploi des femmes en Île-de-France a été la plus faible des régions françaises.

Par conséquent, en 2023, l’Île-de-France affichait seulement le sixième taux d’emploi des femmes derrière, notamment, la région Bourgogne-Franche-Comté (75,7 %), les Pays de la Loire (75,6 %) et la région Centre-Val de Loire (74,8 %).

L’écart entre le taux d’emploi des Franciliennes et celui des Franciliens a quasiment été divisé par deux depuis l’an 2000

Même si le taux d’emploi des Franciliennes a évolué moins vite que dans les autres régions françaises entre 2000 et 2023, les inégalités en matière de participation au marché de l’emploi entre les femmes et les hommes ne s’en sont pas moins réduites sur la période. Ainsi, l’écart entre le taux d’emploi des Franciliennes et celui des Franciliens est passé de 11,3 points (respectivement 66,3 % contre 77,6 %) en l’an 2000 à 6,0 points en 2023 (respectivement 73,7 % contre 79,7 %).

Depuis l’an 2000, le taux d’emploi des femmes a plus augmenté dans la région d’Amsterdam, en Bavière et dans le Land de Berlin qu’en Île-de-France

Il y a 20 ans, l’Île-de-France affichait le taux d’emploi des femmes le plus élevé des grandes régions du Vieux Continent. Ainsi, en l’an 2000, le taux de la région-capitale française dépassait de 1,7 point celui de la Bavière, de 2,7 points celui de la région d’Amsterdam et de 6,3 points celui du Land de Berlin.

Toutefois, l’amélioration du taux d’emploi des femmes en Île-de-France a été la plus faible observée parmi les grandes métropoles européennes. En effet, elle a notamment été deux fois plus importante dans le Land de Berlin (+ 14,0 points contre + 7,4 points) ; l’effet de rattrapage a été conséquent dans la région de Madrid où la hausse du taux d’emploi des femmes s’est avérée trois fois supérieure à celle observée en Île-de-France (+ 23,3 points).

L’écart entre le taux d’emploi des femmes et celui des hommes est moins important en Île-de-France que dans les autres grandes régions européennes

Malgré la relative faiblesse du taux d’emploi des femmes en Île-de-France et son évolution ralentie, le déséquilibre femmes-hommes est moins élevé en 2023 dans la région-capitale française que dans les autres grandes régions européennes. Le déséquilibre femmes-hommes en matière de taux d’emploi est par conséquent encore avant tout visible en Lombardie (15,6 points) même s’il a tendance à se réduire (il était de 27,0 points en l’an 2000).

Globalement, l’écart entre le taux d’emploi des femmes et celui des hommes s’est réduit dans toutes les grandes régions européennes, sauf à Berlin où il est passé de 7,1 points en l’an 2000 à 7,7 points en 2023.

Bien que supérieur à celui d’autres grandes régions européennes, le taux de chômage des Franciliennes est inférieur à celui des Franciliens

Les écarts entre les taux de chômage qui découlent de ces taux d’emploi dans les grandes régions européennes permettent de compléter cette vision du marché du travail.

Ainsi, si le taux de chômage des Franciliennes âgées de 20 à 64 ans est très supérieur à celui de la Bavière mais aussi à ceux des régions d’Amsterdam, de Milan et de Berlin, il est inférieur de 1,0 point à celui des Franciliens de la même classe d’âge.

Mickaël LE PRIOL

mars 2025

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