La mobilité des touristes en région Paris Île-de-France

Améliorer l’accessibilité, l’accueil, la sécurité et l’offre de transports pour conforter notre place de leader

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L’impression générale qu’un touriste se fait d’une destination se joue en partie sur la première et la dernière image : de l’expérience en matière de transport dès l’entrée sur le territoire jusqu’à l’ultime trajet avant le départ. En fait, la qualité de la mobilité est devenue aujourd’hui aussi importante que celle de la restauration, de l’hébergement ou encore de l’offre culturelle et de shopping.

C’est pourquoi la mobilité doit faire l’objet d’une attention spécifique. A plus forte raison alors que Paris Île-de-France affronte une forte concurrence des autres capitales qui lui disputent sa première place du classement mondial des destinations touristiques. Un contexte qui rend indispensable de se pencher attentivement sur les questions d’accessibilité au territoire, d’accueil, de qualité et diversité de l’offre de transport, de sécurité et d’offre de déplacements. 

   

Texte

 

 Actualisation d'avril 2025
du rapport de novembre 2024

Ce qu'il faut retenir de l'actualité de ces cinq derniers mois

 

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MIS À JOUR EN AVRIL 2025
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Etude mobilité des touristes - MAJ avril 2025

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Paris Île-de-France : un leadership mondial à maintenir

Paris Île-de-France se distingue par son leadership mondial dans les deux segments du tourisme : loisirs et affaires. La région accueille ainsi près de 50 millions de visiteurs par an, générant 22 milliards d'€ de consommation touristique. Un secteur dynamique qui fait vivre plus de 110 000 entreprises et emploie -directement ou indirectement- 500 000 personnes.

D’autant que la région est une destination de choix pour les grands événements, qu'ils soient culturels (grandes expositions), sportifs (Championnats du Monde, Jeux Olympiques et Paralympiques), diplomatiques (COP 21, sommets internationaux) ou professionnels (salons, congrès).

Maintenir le rang de Paris Ile-de-France face à une concurrence internationale accrue, nécessite donc de renforcer l'accent mis sur l'accessibilité, l'accueil et la mobilité à chaque étape du parcours touristique. Des efforts considérables ont été déployés ces dernières années mais des progrès sont encore possibles.

 

Les quatre grands enjeux de la mobilité des touristes

Enjeux

 

Rester la porte d’entrée de l’Europe

Tirer parti de l’excellente connectivité entre les modes de transports

Paris Île-de-France est souvent la première étape pour découvrir la France mais aussi l’Europe.

Elle dispose d’une très bonne connectivité avec l’extérieur en étant le premier hub aérien de l’UE ; une vaste offre de liaisons aériennes qui soutient le flux de touristes. Or, les destinations concurrentes sont plus compétitives sur la desserte directe des aéroports. Quand Londres permet grâce au Heathrow Express de relier l’aéroport d’Heathrow au centre en 15 mn et que Shanghai place son centre-ville à seulement 8 mn de l’aéroport de Pudong via le Transrapid, les deux projets majeurs pour la desserte de Roissy (CDG Express, prévu pour 2027 et ligne 17, prévue pour 2030) ont été plusieurs fois remis en cause. Il faut sécuriser ces projets Paris Ile-de-France on veut rester dans la course.

Côté ferroviaire, l’infrastructure régionale fait du territoire une plaque tournante en Europe : pas moins de sept gares majeures intramuros et trois gares périphériques stratégiques. Autant dire un avantage de premier ordre dans le contexte de la transition écologique et une opportunité pour accompagner le report modal éco-responsable vers le train. A cette fin, il faut intensifier les liaisons ferroviaires avec les grandes métropoles européennes et mieux anticiper les développements des gares en grande couronne qui incarneront la possibilité de transiter autrement que par le centre parisien.

Principal moyen choisi par les touristes pour arriver à Paris et en IdF
(Source : Visit Paris Region, 2022)

24.70 %
en avion
36.50 %
en train
41.10 %
sur la route

 

Quant au réseau routier, l’enjeu est ici celui du verdissement des flottes, du dernier kilomètre et la mutualisation des trajets (co-voiturage, cars…). L’impératif devient alors d’ouvrir les parkings relais aux touristes (avec des forfaits pour plusieurs jours et des tarifs attractifs car l’objectif est d’inciter une clientèle qui traverse le territoire à s’arrêter), de systématiser le paiement par carte bancaire sur tous les réseaux de bornes de recharge électrique (ce n’est pas encore le cas…) et de renforcer l’intermodalité entre gares routières et transports en commun.

   

Citation Edmond de La Panouse

Améliorer les conditions d'accueil à l'arrivée des touristes

La qualité globale des services de transport englobe plusieurs aspects. En premier lieu la sécurité, d’autant que les touristes sont parfois des cibles privilégiées des malfaiteurs.

On se souvient des inquiétudes surgies à l’occasion des JOP. Pourtant, malgré une forte pression sécuritaire, ils se sont déroulés sans incident majeur. Sachons nous inspirer des bonnes pratiques en :

  • pérennisant certains dispositifs : brigades cynophiles, installation de caméras de surveillance sur l’ensemble du réseau.
  • généralisant la vidéosurveillance augmentée via l’IA qui repère mouvements de foule, bagage abandonné, etc.
  • améliorant la communication sur le numéro 31 17 (numéro d’alerte sur le réseau ferré) avec notamment davantage de répondants maîtrisant plusieurs langues.

D'autres dispositifs ont été très appréciés par les visiteurs des JOP. La présence de services d’accueil sur tous les points stratégiques (gilets violets) pour renseigner et diriger le public tout comme la multiplication des langues retenues pour les annonces sur les réseaux de transport ont renforcé la qualité de la communication.

Autre évolution indispensable si l’on veut mieux accueillir, celle des amplitudes horaires et de la signalétique des transports :

  • extension des plages horaires pour un accès prolongé aux commerces, restaurants, et lieux de divertissement, tout en facilitant les déplacements entre les zones urbaines et périurbaines.
  • service continu sur les lignes automatiques de métro du vendredi au dimanche à l’instar de Londres, New-York et Copenhague. Cela prendrait en compte les horaires des salles de spectacle et restaurants et renforcerait la mobilité des touristes comme celle des salariés du secteur.
  • uniformisation de la signalétique parfois disparate entre celles urbaine, des réseaux de transports publics ou des gares et des aéroports. Total, le touriste comme l’usager est désorienté, un comble ! L'expérience de la signalétique unifiée et spécifique des JOP doit être reproduite lors de grands événements en Île-de-France, y compris pour le tourisme d'affaires.

Enfin, on ne peut parler d’accueil sans aborder la question de la propreté. En 2024 (enquête RATP), un quart des touristes estime encore que la propreté des réseaux de transport, notamment dans les gares et les stations, laisse à désirer. Une faiblesse notable pour la région comparée à ses concurrentes internationales.

 

transport touristique

 

Mettre l’innovation au service des parcours touristiques

Paris Île-de-France possède l'un des réseaux de transport en commun les plus denses et efficaces au monde. Seules quelques métropoles asiatiques telles que Tokyo, Shangaï ou Singapour peuvent rivaliser en termes de connectivité urbaine. Un atout qui sera renforcé avec les lignes du Grand Paris Express (GPE) et le prolongements de celles existantes (11, 14, RER E). Certains touristes préfèreront toujours les cars. Des emplacements dédiés, pour leur stationnement et la dépose/reprise des passagers, demeurent nécessaires. Un plus serait la réservation éventuellement plusieurs jours à l'avance de ces emplacements.

Les freins à l’usage des transports en commun par les touristes doivent donc être bien identifiés. Ils concernent d’abord la billettique, difficilement lisible par les non franciliens. Rares sont ceux qui achètent un pass Navigo et même le forfait « Paris Visite » est sous-utilisé (seuls 7,6% des touristes y recourent). Heureusement, la « révolution billettique » annoncée par Ile-de-France Mobilités devrait améliorer la situation, au moins pour les trajets hors aéroports, avec la mise en place en 2025 de deux tarifs uniquement. Mais il restera certaines problématiques comme l’existence d’une tarification spécifique pour les aéroports, l'absence de wi-fi généralisé dans les transports et l’impossibilité de payer aux bornes de contrôle avec une carte bancaire (ce qui existe dans toutes les grandes villes internationales et même en France, à Lyon !).

Plusieurs pistes sont pourtant envisageables pour faciliter les déplacements et leur tarification. Pourquoi ne pas enrichir l’offre « tourisme » du forfait Paris Visite par exemple, en y incluant l’accès aux transports partagés (Vélib’) ? Autre suggestion : la possibilité de disposer de pass utilisables par plusieurs personnes à la fois.

Un frein spécifique pour l’utilisation par le plus grand nombre des transports en commun est celui de l’accessibilité PMR. Le réseau historique francilien est encore largement inaccessible malgré des avancées majeures avec l’aménagement de nouvelles gares. Si l’accessibilité de plain-pied aux métro et transilien est un travail de long terme, d’autres types de handicap peuvent être pris en charge plus rapidement. Par exemple, le dispositif pour les mal voyants d’audio guidage à télécharger, testé sur la ligne 11, pourrait être étendu sans tarder.

Des innovations profitant au demeurant à tous. Beaucoup d’entre elles ont bouleversé nos quotidiens après avoir été popularisées par le secteur touristique : location d’hébergement entre particuliers, commande de véhicule avec chauffeur, comparaison et mise en concurrence des offres (hôtelière, restauration...), parcours optimisés prenant en compte les attractions touristiques, les sites culturels, et les zones commerciales... Aujourd'hui le partage des données et l'IA sont de nouveaux enjeux pour l’organisation de l’offre touristique, changeant non seulement la façon dont les entreprises s’organisent et proposent des services, mais aussi celle dont les voyageurs vivront leurs expériences.

Accompagner le renouveau du travel retail et élargir les potentiels de la destination

 

Citation Merry Liuzzo

La France, 1ère destination touristique mondiale n’est que 5e en termes de dépenses des voyageurs. Le pays peine à fidéliser les touristes et à maximiser leurs dépenses.

Développer le travel retail

Le travel retail c’est l’ensemble des activités commerciales réalisées à l’occasion d’un voyage dans les gares ou aéroports. Ces derniers sont devenus des lieux de shopping à part entière. Les perspectives de développement sont réelles mais doivent être bien pensées, d’autant que ces commerces restent dépendants des fluctuations de trafic.

Pour les aéroports, le positionnement commercial est à affiner et l’expérience d’achat à personnaliser davantage personnalisée. Par exemple, avec la prise en charge en réseau des bagages : récupérés à un point donné et restitués dans un autre (aéroport, gare, hôtel…), allégeant les déplacements et optimisant le temps de séjour, cela augmente le panier moyen de consommation des touristes.

Pour les gares, le potentiel de développement est particulièrement fort : seules 300 gares SNCF sont dotées d’une « coque » commerciale. De futurs aménagements commerciaux qui devront être bien intégrés à la politique urbaine locale, notamment en veillant à réaliser des passerelles avec le quartier et les commerces environnants. Avec 68 gares, le GPE comprend des nœuds de transport stratégiques pour l’Île-de-France où 18 000 m² de commerces seront développés (toutes les gares n’accueilleront pas des commerces) à destination de trois typologies de clientèles : les usagers du métro pour un trajet domicile-travail, les touristes et ceux qui rejoindront les gares internationales.

Proposer aux touristes de nouvelles activités, de nouveaux territoires à découvrir

Le tourisme se transforme : les voyageurs privilégient de plus en plus les modes de transport doux (transports en commun, marche, vélo…) et recherchent des expériences exclusives, hors de Paris destination phare. Le Grand Paris Express peut ici être un levier favorisant le tourisme en connectant des lieux culturels et touristiques et en réduisant les temps de trajet.

L'hébergement touristique périphérique, qu’il soit hôtelier ou entre particuliers, devient plus attractif et des événements et lieux culturels gagnent en notoriété. D’ailleurs des initiatives, comme la campagne #cpasloinentrain de SNCF Transilien, encouragent les visiteurs à découvrir toute la région, renouvelant ainsi les perceptions du voyage en Île-de-France.

Un autre phénomène en pleine expansion est le « slow tourisme », favorisant les modes de transport moins polluants. C’est le cas du vélo, soutenu par des projets d'infrastructures dédiées, telles que les véloroutes européennes et le développement du réseau RER « Vélo » en Île-de-France. C’est également le cas du tourisme fluvial, notamment sur la Seine. Autant de nouvelles tendances qui nécessitent de repenser nos infrastructures et nos approches vis-à-vis des attentes des visiteurs.

 

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