Transition énergétique : une urgence pour les entreprises !

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Explosion des factures énergétiques, urgence climatique, contexte géopolitique, quête de sens des jeunes générations, raréfaction des ressources, nouvelles réglementations… de multiples facteurs nous imposent de réduire drastiquement nos consommations d’énergies. La sobriété énergétique est ainsi devenue le maitre mot de cette rentrée. Quels leviers actionner pour engager votre entreprise dans cette transition énergétique ? Faisons le point avec Pierre-Olivier Viac, responsable Transition écologique à la CCI Paris Ile-de-France.

L’urgence à agir ne fait plus débat. Mais comment agir ? Quels leviers actionner en priorité ? Quelles actions mener sur le plus long terme ? La CCI Paris Ile-de-France est pleinement mobilisée pour aider les entreprises à surmonter la crise énergétique et accompagner leur transition énergétique.

Deux impératifs pour les entreprises : économies d’énergie et décarbonation

Les entreprises sont aujourd’hui confrontées à deux enjeux majeurs. Le premier enjeu est de très court terme. Il s’agit de réduire ses consommations énergétiques pour faire face à l’explosion du prix de l’énergie. C'est surtout un impératif économique, voire de survie pour certaines activités.

« Au-delà de cette nécessaire sobriété énergétique, il y a un deuxième enjeu de moyen-long terme, tout aussi incontournable, afin d’agir contre le dérèglement climatique. Les entreprises doivent en effet investir pour produire dans des conditions plus propres en remplaçant progressivement les énergies carbonées par des énergies décarbonées. Une transition qui va s’étaler sur plusieurs années et qui aura un coût. » explique Pierre-Olivier Viac.

Ces deux niveaux d’actions doivent être menés de front : mettre en oeuvre dès à présent des mesures d’urgence pour réduire les consommations d’énergie et, parallèlement, mener une réflexion pour arriver à produire à partir d’énergies décarbonées. « La CCI Paris Ile-de-France est justement là pour aider les entreprises à mener ces chantiers. »

Trois leviers pour s’engager dans la transition énergétique

Les entreprises peuvent agir sur 3 leviers complémentaires :

Améliorer l’efficacité énergétique des équipements et des bâtiments

Il s’agit d'opter pour des équipements plus performants et des technologies récentes pour consommer moins, sans pour autant investir massivement. « L’entreprise doit se concentrer en priorité sur les postes les plus énergivores. Concrètement, elle peut améliorer l’isolation thermique des bâtiments et réseaux de chaleur, changer le système de chauffage et/ou de climatisation, installer un éclairage à base de LED et des détecteurs de présence, mettre en place des dispositifs de régulation sur les équipements de chauffage et de traitement d’air afin qu’ils ne se déclenchent qu’en cas de besoin… »

Opter pour la sobriété énergétique

La sobriété consiste à mettre en place une stratégie globale de réduction des consommations, mais en allant plus loin que la seule efficacité énergétique car il s’agit aussi de repenser ses modèles de productions. « Tous les exemples cités précédemment pour améliorer l’efficacité énergétique vont également oeuvrer pour la sobriété puisqu’ils permettent de consommer moins ! » 

La sobriété peut aussi se traduire par l’adoption d’éco-gestes et de bonnes pratiques pour limiter les gaspillages : mise en veille des équipements, baisse du chauffage et de la climatisation, extinction des éclairages lorsque c’est inutile, en particulier la nuit, fermeture des portes des magasins climatisés… Le passage à la mobilité douce est également un facteur de sobriété. « L’entreprise ne doit pas perdre de vue qu’au-delà des économies d’énergies réalisées, toutes ces mesures vont aussi contribuer à l’engager dans une démarche de responsabilité. »

Remplacer les énergies fossiles par des énergies décarbonées

« Si l’enjeu majeur reste de réduire les consommations au maximum, il est bien évident que les entreprises ne pourront pas se passer d'énergie ! Il restera donc toujours une consommation incompressible d’énergie. » Il faut donc parvenir à substituer les énergies carbonées par des énergies décarbonées, voire renouvelables, afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. « Concrètement, l’utilisation de gaz ou de fioul peut être remplacée par de l'électricité. Les gisements de chaleur perdue doivent également être recensés pour étudier leur récupération pour d’autres usages dans l’entreprise ou en proximité. L’entreprise peut également produire de l’électricité verte à partir de panneaux photovoltaïques installés sur son parking ou sa toiture. La production d’énergie via la biomasse ou la géothermie peuvent également être des pistes à explorer… »

Un objectif immédiat : réduire de 10 % la consommation énergétique

Pour éviter le rationnement de l’énergie, voire les coupures d’électricité, le Gouvernement a fixé un objectif de réduction de la consommation d’énergie de 10 %. « D’un point de vue économique et global, cet objectif est réaliste, même si son atteinte peut être plus ou moins facile en fonction du niveau de performance actuel de l’entreprise. Et tous les secteurs, au-delà de l’industrie, doivent s’y engager, y compris le tertiaire (petit ou grand), la logistique, le commerce et la distribution... »

Parallèlement, les pouvoirs publics ont mis en place plusieurs dispositifs pour atténuer l’impact économique de la hausse des prix de l’énergie sur la trésorerie des entreprises : bouclier énergie avec la hausse plafonnée du tarif réglementé, baisse de la fiscalité sur l’électricité (TICFE), aides spécifiques pour les PME dont les factures énergétiques représentent plus de 3 % du CA.

Le point de départ : un diagnostic énergétique

Si les grandes entreprises peuvent s’appuyer sur des expertises et des services internes chargés de la transition énergétique, les TPE/PME ont en revanche un vrai besoin d’accompagnement en matière d’information et de moyens. La CCI Paris Ile-de-France leur propose notamment de réaliser un diagnostic énergétique, co-financé par l’ADEME, qui comporte :

  • un état des lieux précis de tous les postes de consommations énergétiques de l'entreprise (bâtiments, équipements…),
  • une analyse des données pour proposer un plan d'actions avec des propositions de réduction des consommations énergétiques,
  • chaque proposition étant assortie du coût d'investissement pour mettre en œuvre cette amélioration, mais également des aides financières mobilisables, des économies que cette action va générer chaque année et du temps de retour sur investissement.

« Le chef d'entreprise va donc pouvoir choisir entre des actions de court terme qui vont lui permettre de faire face à flambée des cours de l'énergie, et des actions plus structurantes qui auront peut-être des temps de retour sur investissement plus longs, mais qui lui permettront de réaliser des économies plus importantes et durables. » Le diagnostic énergétique est le point de départ incontournable pour bâtir son plan de sobriété énergétique.

« Les entreprises n'ont plus le choix, elles doivent s’engager dans la transition énergétique sérieusement et sans tarder ! Au-delà des économies d'énergie, il est aussi impératif qu’elles apprennent à gérer l'énergie comme elles gèrent leurs approvisionnements essentiels. » conclut Pierre-Olivier Viac.

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Décret éco-énergie tertiaire

Cette nouvelle réglementation impose une réduction des consommations énergétiques progressive pour les bâtiments tertiaires de plus de 1000 m2. Il y a un échéancier avec des objectifs de réduction. Mais surtout, les entreprises concernées doivent déclarer leurs consommations d’énergies d’ici au 30 septembre 2022.
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